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Čuš!

October 9, 2017

Après ma pause parapente à Budva je reprends la route pour la capitale, Podgorica. La côte monténégrine est bordée d'une chaîne de montagnes. Idéal pour le parapente, mais concernant le vélo c'est une tout autre affaire. Je longe d'abord les bords de mer jusque Petrovac, puis entame l'ascension pour me retrouver quelques 680m au dessus de la mer.

La longue descente vers la plaine est beaucoup plus agréable. A la capitale je dors chez Admir, un hôte trouvé sur Couchsurfing. Rondouillard à l'air jovial. Il a étudié aux Etats-unis et son anglais est impeccable. Il travaille actuellement pour l'ambassade palestinienne qui vient de s'ouvrir. Nous n'aurons pas beaucoup l'occasion d'échanger dans un premier temps, car il a quelques rendez vous, et de mon coté je suis tout de suite accaparé par Aleksandar que je rencontre dans le cadre de mon projet. Aco (son diminutif) est d'un dynamisme et d'un enthousiasme qui frisent avec l’hyperactivité. Il m'organisera une première rencontre le soir même pour discuter de mes besoins. Le lendemain on commence par une entrevue à Gorica, la colline qui surplombe la capitale. Puis nous nous rendons au stade de foot car il est kiné pour un club et y occupe un local sur place. On enchaînera entre soins aux joueurs, présence sur un match des juniors, et fin de l'interview. Je rejoins Admir pour dîner en ville où nous aurons l'occasion de discuter avant mon départ. 

 

La sortie de Podgorica est plus simple que son entrée, qui m'a obligé à rouler sur le trottoir aménagé tant la circulation était insupportable. La circulation dans la capitale était cependant plutôt facile car la ville est très bien aménagée de pistes cyclables avec même des dispositifs pour se maintenir en équilibre au carrefour sans avoir à mettre le pied à terre. 

Pas d'encombre à la frontière, je ne dois pas m'acquitter des 10 euros de visa dont j'avais la notion. Je me sens tout de suite bien en Albanie. Malgré les mises en garde sur ce pays tant sur la mentalité que sur la conduite automobile. Il faut dire que les bas coté présents sur les 20 premiers kilomètres me permettront d'apprivoiser le nouveau type de conduite. Mais ce qui me fait me sentir bien c'est le coté "terroir" qui subsiste ici. La route est peuplé de vaches, de moutons, de chèvre, de calèches... Pour une fois ne suis pas le plus lent à arpenter les routes, ni le plus encombrant. Les vielles sont souvent voilées, mais à la façon des paysannes, est-ce par signe religieux? je ne saurais vous dire. 60% du pays est musulmans d'après les statistiques. 

Le vent m'est plutôt favorable, et je roule plus de 100 km ce jour, jusque arriver à Shëngjin, qui sonne plus chinois qu'albanais. Cette petite ville côtière est en fait une station balnéaire, et les rues ont été désertées avec la fin de la saison estivale. On nettoie, on range, mais la ville bâtie majoritairement de grand immeuble avec vue sur la mer (mais avec climatisation s'il vous plait) )a bien triste mine. Ici c'est Robin qui me reçoit, 21 ans, et plutôt ouvert sur le monde et le voyage. Il squatte un appartement familial en attendant son visa pour les Etats-unis. La bas vis sa mère et sa sœur. Il rêve d'un niveau de vie plus attractif. La majorité des jeunes veulent déserter leur pays d'origine en perspective d'un avenir plus sûr. C'était aussi le cas d'Amir au Montnégro qui occupait son poste en attendant de s'envoler pour le Canada. Comment les blâmer, la jeunesse a désormais accés au monde via les réseaux sociaux et internet. Mais avec un salaire moyen à moins de 400 euros, difficile de prévoir ses vacances à Tahiti ou aux Seychelles. Alors il étudie, mais cherche à quitter le pays dès que l'occasion se présente. 

De Shëngjin je repars direction Tirana. Je tilte un peu sur mon parcours car la route nationale se transforme en autoroute sans autres alternatives et je ne sais pas comment éviter cette portion. Le problème sera résolue au moment fatidique, puisque face à mon hésitation la police m'incite à continuer sur ma lancée... je me retrouve à rouler sur la bande d’arrêt d'urgence d'une autoroute en bonne et due forme. Finalement pas plus de stress que ça, j'ai une voie pour moi seul et pas dérangé par la circulation. Je prendrai juste la peine de mettre mes écouteurs pour camoufler le bruit des moteurs à plein régime.

L'arrivée à Tirana est du même acabit, un dédale dans une circulation dense, mais finalement sans encombre. J'ai réservé ici une auberge dont la terrasse sur le toit m'avait particulièrement sauté aux yeux. Ce n'est qu'au pied de l'immeuble que je réalise que cela implique que l'auberge se situe au dernier étage... sans ascenseur. Heureusement deux belges rencontrés au Monténégro et que je retrouve de façon tout à fait inattendue me fileront la main pour monter mon vélo en lieu sûr. 

Pas le temps de souffler, le jour d'après s'annonce riche en activité. J'ai contacté un club de parapente local (au cas où...) et il s'avère qu'il organise une journée de rencontre inter-club le lendemain. Je suis donc convié en tant qu'invité d'honneur. Nous nous retrouverons donc une bonne dizaine pour profiter des bonnes conditions de vol libre de la journée. Un moniteur local a aussi conduit deux français qui sont ici en repérage pour organiser un voyage avec leur club français. Ils sont de hautes Maurienne! Pas vraiment loin de chez moi, mais ça reste la Savoie...! Faudrait pas mélanger torchons et serviettes non plus! (je me permet car je sais qu'ils me lisent)

 

Après cette belle journée de vol, rendez vous au restaurant, pour ce que l'on peut appeler un festin. Je ne pourrai rien payer une fois de plus. Le lendemain j'entame la journée avec une visite de la ville gratuite. Le guide est passionnant et n'hésite pas à nous expliquer les conditions de vie lors de la dictature communiste et la transition vers une ouverture du pays, majoritairement avec les Etats-unis...! J'enchaîne avec une rencontre dans un cabinet de kinésithérapie du centre ville avec qui je me suis mis en contact précédemment. La jeune femme qui me reçois est beaucoup plus intéressée par les retombées en communication que peuvent donner notre interview que par mon projet en lui même... et appartement elles ne seront pas suffisantes. Elle refuse donc d'être filmée. Je suis d’abord très déçu et frustré. Mais finalement je prends conscience que mes motivations sur la vidéo sont les même qu'elle: je cherche aussi à promouvoir mon projet. Je prends un peu de recul et me dis que finalement j'ai ce qu'il me faut: Andrina a pris le temps de répondre à toutes mes questions. 

A la sortie de Tirana, je vise le col que j'ai déjà passé pour aller voler avec les albanais. Il s'avère long et difficile. La route longe l'autoroute qui est encore en construction, et sur certaines portions la circulation est déviée sur la route où je suis. Mais cela ne posera pas trop de problème. L'autoroute reprends et passe sous la montagne par un tunnel. Les parapentistes albanais m'ont proposé d'appeler un de leur collègue qui travaille à la sécurité pour qu'il organise un convoie pour me faire passer le tunnel et m'éviter l'ascension du col. Si la proposition est tentante pour son originalité et le fait qu'on risque de passer un bon moment, la raison l'emporte et je poursuis mon ascension, et sans voiture pour le coup!! Ce sera un mal pour un bien car le point culminant me donne vue à 360 degrés, et sur une bonne partie de l’Albanie.

 

Les derniers pays traversés ont été globalement de petite taille. Et j'ai roulé ces derniers temps sur des routes principales menant à des villes principales dans lesquelles je dors souvent en auberge. Ce sont des aléas que je m'impose dans le cadre de mon projet, mais qui impliquent que je m’éloigne un peu de l'idéal du voyage que je m'étais fait. Cela fait donc plus d'une semaine que je n'ai pas campé et en partant de Tirana je compte bien remédier au problème.

La descente est longue et sinueuse. A Elbasan je fais le plein de vivre et me dirige sur une route secondaire pour Korçë. Cette route est peu empruntée, elle a pourtant était refaite à neuf et longe un lac artificiel qui génère une bonne partie de l’électricité en Albanie. Mon campement relève presque du luxe, peu de passage et un grand lac en guise de baignoire.

 

Il me faut encore remonter ce cours d'eau (Devoll) pour rallier les 115 km qui me séparent encore de Korçë. Je décide de me fixer 80 km ce jour, pour faire les 35km en début de matinée le lendemain. En fin de matinée j'ai rendez-vous avec un médecin rééducateur pour avoir une autre vision de la kiné en Albanie (et une interview filmée si possible, je ne compte pas en rester là). La route serpente en fond de vallée et je prends régulièrement du dénivelé, ce qui annonce une journée difficile. Au bout d'une cinquantaine de kilomètres un chantier énorme se profile à l'horizon. On construit ici un second barrage en amont du premier. Je dois donc contourner le chantier par les flancs de la montagne, ce qui me rajoute près de 400m de dénivelé. Mais la nouvelle route qui bordera le lac n'est pas terminée et je dois donc redescendre en fond de vallée... qui n'a jamais été goudronnée, probablement en prévision de la construction du barrage. L'équation se complique pour réaliser mon programme du jour car la route est bien abîmée par le passage d’innombrable camions. Je passe à coté du chantier principale.

Ici on construit des plaques de béton qui serviront à la construction. c'est impressionnant de voir ce site régurgiter autant de béton, et les plaques sont entassées en plusieurs lieu en attendant d’être utilisées. Avant le site de construction j'étais aussi passé à coté d'un petit village en préfabriqué construit dans le but d'accueillir les travailleurs. A voir, on peut sérieusement remettre en question  le coté écologique de l’hydraulique... mais ceci est probablement un débat plus complexe. 

Je poursuis sur ma route défoncée et met à mal mon destrier pour la première fois dans ce voyage. J' arrive au bout de la vallée juste à la tombée de la nuit. Avec mon avancée la vallée s'élargie et devient un lieu de culture et de pâturage. En arrivant à Korçë je me dirige vers la petite clinique du Dr Salice. Isuf est médecin rééducateur. A 69 ans, il gère ici une petite clinique "à l'ancienne". La kinésithérapie pratiquée est basique mais il en a conscience. Ce qu'il met en avant c'est surtout l'accès au soin de bas coup qu'il fourni à la population locale qui manque de moyen. Je suis cordialement invité à revenir en temps hivernal pour profiter du ski dans la région. Isuf conclura notre entretien par une bière fraîche...  en voilà un qui sait me parler!!

 

 

Je terminerai mon périple en Albanie avec un bivouac près de la frontière, au milieu de champs et de petits villages agricoles. L'Albanie aura été une étape particulièrement agréable, mais aussi trop courte qui me laissera avec un gout de reviens-y. C'est un pays qui gagne à être connu par l'accueil de ses habitants et la chaleur humaine qui s'en dégage. 

 

 

 

 

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