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Σιγά τα Λάχανα!

October 21, 2017

  

 

 

Vendredi 6 octobre, derniers moments en Albanie. Je choisis d'essayer de passer par une route secondaire pour rejoindre la Grèce. Je me lance donc sur une quinzaine de kilomètres à travers des petites routes (voire chemin) de campagne. Les Albanais sont déjà à la tâche et je croise un nombre certains de calèches, vaches et autres bétails. L'Albanie m'offre sa facette que j'aurais le plus apprécié ici. Arrivé au village frontalier, ce n'est pas la douane, mais la police locale qui barre la route. Je me vois donc refuser l’accès à la Grèce puisqu'il faut scanner mon passeport de façon électronique pour ma sortie du territoire. J'enrage un peu mais cette erreur je ne la dois qu'à moi même car je connais les procédures administratives. Retour à la case départ après 2h de vélo, je joue un peu les prolongations! A la frontière je perds encore une heure... celle ci je la dois au décalage horaire... tout simplement. Car concernant le contrôle je suis pris en charge par "monsieur pipi" des toilettes payantes mises à dispositions, qui me fait remonter la file des voitures le plus naturellement du monde.

Je bifurque très rapidement pour éviter la route nationale qui me ferait faire un détour non négligeable. Je dois d'abord passer un col, sur une route non goudronnée et assez raide. Mais arrivé en haut je peux profiter de mon premier point de vue sur la Grèce. Une fontaine me permettra même une douche bienvenue et un peu de lessive. Jusqu'à ce qu'un troupeau de vache viennent s'hydrater (d'eau saine, car j'ai bien pris soin de me rincer en dehors l'abreuvoir.) S'en suit une longue descente. c'est aussi pour ça que j'ai choisi la route non asphaltée, car je savais que je n'aurais pas trop difficulté à évoluer une fois le col passé. 
J’atteins un lac bordé d’hôtel et dont l’accès n'est pas très facile. Mais contre toute attente je serai autorisé à camper près d'un musée, entouré de jardins bien entretenus. Certainement grâce à la fin de la saison touristique.

Le lendemain le temps est couvert. Je souhaite être aux météores en deux jours, et cette journée est jalonnée d'averses qui rendent mon avancée pas très agréable. J'ai toujours des problèmes de perméabilité avec ma veste malgré avoir vidé une bombe d'imperméabilisant (de rien dame planète, c'est cadeau!). Je suis trempé et la température est un peu plus fraîche que ma dernière journée de pluie (qui remonte à la Bosnie finalement). Je passe donc la journée les yeux sur mon compteur jusqu'à avoir effectué les 75 km nécessaires au délais que je me suis imparti. Cette journée ne sera donc pas d'un grand intérêt et même plutôt difficile, me donnant mes premiers moments de solitudes (renforcés par la route assez désertée; bon ce n'est pas pour me plaindre bien au contraire mais cela rajoute un peu de tristesse à la journée). 

 Mais après la pluie vient le beau temps, et le lendemain le temps est de nouveau bien dégagé. Une journée typiquement automnale avec un soleil chaud, mais un fond de l'air bien frais, particulièrement le matin. Cela me rappelle que l'hiver approche et que je ne dois pas trop m'attarder si je ne veux pas rencontrer des difficultés majeures dans l'est de la Turquie. A l'approche du site historique des météores, classé à L’UNESCO, la circulation se densifie. Mais les conducteurs restent très respectueux et n'hésitent pas à me faire un signe amical ou d'encouragement. C'est fou ce qu'une frontière peut impliquer comme changements. J'arrive en fin d'après midi par une route qui me donnera un superbe panorama. Quand je vous disais qu'après la pluie vient le beau temps...!

 

J'ai réservé en auberge, après 6 jours de camping sauvage c'est plutôt bienvenu. L'ambiance y est très sympathique (encore) et la gérante accueillante et serviable. Claire et Guillaume sont deux étudiants français qui font un peu de volontariat ici, ils ont décidé de vivre leur études différemment. Nous nous entendrons bien et j'apprécierai leur compagnie durant mon séjour. Au moment du départ, une autre volontaire, qui elle est venue de Roumanie... à pied... me lance une phrase anodine qui donnera beaucoup de sens à mes derniers jours vécus "j'ai souvent envie de rentrer mais je me l'interdit, je veux savoir ce qui m'a poussé à me lancer dans ce voyage et trouver des réponses sur mon cheminement personnel". Si cette phrase transmet la volonté qu'elle a pour voyager, elle soulève une tout autre question à laquelle je suis confronté : justifier son voyage. Car malheureusement le voyage au long thermes et perçu comme une sorte de marginalité. On l'associe généralement à une fuite ou la recherche à combler un manque. Mais je pense que c'est simplement un mode de vie que l'on choisit. Car pour moi on pourrait tout aussi bien en dire de même avec d'un mode de vie "conventionnel" : est ce que ce n'est pas fuir une certaine liberté ou recherche un certain conformisme?

Depuis les météores je descends une vallée. Enfin si on peut vraiment parler de vallée, disons plutôt une plaine large et plate bordée de montagne. La route est bordée d'une matière blanche et volatile, de la neige ? Déjà ? Et bien non, je découvre qu'en Grèce on cultive le coton, et pas qu'un peu !! Cela représente une bonne partie de l'agriculture et représente jusqu'à 200 000 emplois (wikipédia).

J'enchaîne une bonne doses de kilomètres, requinqué par ma pause. J'en profite car le jour d'après, arrivé au bout de la plaine je dois passer un col. La descente qui s'offre à moi pour rejoindre Lamia me fait vite ooublier la longue montée. Près de 15km sans un coup de pédale et une pointe à 60km/h (59,9 pour être précis). On se croirait presque dans les Alpes ! Et en plus j'ai vu sur la mer méditerranée. Je traverse cette nouvelle plaine en largeur et dors près d'un torrent au pied de chaîne montagneuse qu'il me faudra passer le lendemain.

 

Mais au réveil je suis atteins d'un syndrome bien connu des cyclo-voyageurs, celui de la flemmingite aiguë. Par chance le remède est assez simple car il suffit de traiter les symptômes par ce qui en a été la cause, soigner le mal par le mal en quelques sortes. Ainsi mes premiers coups de pédales (à 11h quand même) effacera les symptômes. Attention cependant, la sur-médication peut vite entraîner la chronicité de l'atteinte. Pas de problème pour moi, je ne roulerai que 60km ce jour, mais je rencontrerai , un cyclo-voyageur tchèque qui boostera un peu ma journée mal entamée. Je suis surpris de ne pas rencontrer plus de voyageurs à vélo par ailleurs.

Je descends de nouveau une vallée mais cette fois ci plus étroite, et les montagnes qui la bordent plus hautes. J'apercevrai quelques panneaux qui mènent à des stations de ski : avis aux amateurs. Aux pieds de ces montagnes ce sont des plantations d’olivier que je traverse entrecoupé de petits village. au détour d'un virage je croise trois vielles, surprises de me trouver là, et qui m'envoie leurs salutations et encouragament (tout du moins je présume à la vue de l'hilarité que provoque mon passage). 

Je dors près d'une chapelle en haut d'une coline qui surplombe la vallée,  espérant que le vent qui sévi en fond de vallée me permettra de faire un peu de parapente. Mais le nombre de lignes électriques et de buisson épineux m'en dissuadera. Cette fois j'attaque la journée de bon pied, de bonne heure et de bonne humeur ! Je reste sur la nationale dans un premier temps car la circulation est tout à fait supportable. De plus je suis un peu juste en batterie pour mon téléphone (que j'utilise en GPS), je n'ai pas de carte de la Grèce, et les panneaux ne sont pas toujours faciles à comprendre.

 

 

 

A Thèbes je bifurque pour passer par les routes secondaires pour atteindre Athènes. Dans un premier temps je passe à travers champs avant de passer une montagne, la dernière ! Je dors au sommet. Je n'aurais pas la vue sur Athènes mais plutôt sur la route que j'ai parcouru durant la journée, et c'est assez agréable de contempler le trajet parcouru dans la journée au moment du couché du soleil. Pas de tente ce soir, il n'y a pas vraiment de quoi l'installer parmi les buissons. Mais je trouve un petit replat où les cailloux ont été agencés pour permettre de s'allonger. J'aurais un beau ciel étoilé comme plafond ce soir.

Après un plateau une dernière ascension me permet d'arriver au sommet d'une des montagne qui surplombent Athènes. Retour dans une capitale . Il m'aura fallu 12 jours depuis Tirana en Albanie. J'ai pas trop mal roulé. Et la dernière partie c'est pratiquement que de la descente.

 

Athènes n'est vraiment pas faite pour les cyclistes. Mais je me fraye un chemin pour atteindre le centre ville. Une nuit en auberge puis je vais chez Syméon, étudiant en ergothérapie qui souhaite faire un stage en France et cherche à apprendre le français. Il héberge des francophones gracieusement et en contrepartie il perfectionne son français. Je l'ai trouvé via un autre réseaux social, « workaway », qui permet de faire du volontariat à l'étranger pour être logé et nourri, et ainsi voyager à moindre coût.

Je reste quelques jours à Athènes, le temps de visiter mais aussi de prévoir la suite de mon voyage car je me rends compte que j'ai pas d'idée précise de l'itinéraire que je vais emprunter en Turquie.

 

Je n'ai aucune réponse de la part des kiné grecques que j'ai contacté pour mon projet, c'est pas faute d'avoir ratisser large : Universités, association nationale, institut Mckenzie, thérapeutes Mckenzie, centre de rééducation, cabinet privé... pas moins d'une trentaine de mails sont restés sans réponse. Heureusement je peux compter sur mon hôte qui me conduira à son université où il y a un département dédié à la kinésithérapie. Je fini par trouver quelques étudiants pour réaliser une entrevue ce qui diversifiera d'avantage mes témoignages.Cela n'aura toutefois pas été si facile à cause d'abord d'une grève, puis de demande d'autorisation nécessaire avec l'université... bref de quoi se sentir presque en France.

Le soir après ma rencontre avec les étudiants je prends un ferry pour la Turquie. Dedans je rencontrai des réfugiés que l'on escorte menottés en Turquie, retour à la case départ. Mais certains parlent français et leur poses cigarette me permettront d'échanger avec eux sur le ponton. Je reste réservé dans un premier temps sur mon voyage, car difficile d'être fier d'avoir quitter tout ce à quoi ils aspireront toute leur vie. Mais ils respectent mon choix et m'incitent à continuer dans ma voie: "Tu es très courageux, bravo!" me lancera Amine... quelle ironie!

J'arrive en pleine nuit à Samos ou je dois attendre un autre bateau. Un court repos dans le port deserté à cette heure, sous le regard bienvellant d'une voyageuse Coréenne qui ne trouvera pas le sommeil. Ce soir je quitte l'Europe, pour de nouvelles aventures!

Vous aurez remarqué que j'utilise une expression du pays décrit pour le titre de mes posts. Celle la je pense que vous aurez du mal à trouver la signification sur internet.

 Σιγά τα Λάχανα, prononcé "sira ta laxana" se traduit littéralement par "doucement le chou" et dont l'équivalent culinaire en français serait « on ne va pas en faire un fromage! ».

 

 

 

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