October 10, 2019

August 24, 2019

June 26, 2019

January 3, 2019

December 25, 2018

December 1, 2018

September 19, 2018

Please reload

Posts Récents

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Posts à l'affiche

Azamat

June 27, 2018

Je profite d'une nouvelle journée dans la ville de Tachkent. J'ai quitté l'auberge de jeunesse pour aller chez Sarvar qui m'accueille dans son humble studio. Jeune photographe professionnel et autodidacte, il est sur le point de rejoindre l’Autriche pour réaliser une école de cinéma. Il me fait faire le tour de la ville et des endroits que nous n'avons pas encore visité, avec notamment une virée à l'impressionnant bazar. Ici s’alignent des étales à perte de vue, et dont les senteurs et les arômes en tout genre emplissent nos narines. 

 

J'avais prévu de remonter la vallée de Ferghana, un autre incontournable de l’Ouzbékistan. Mais je ne dispose pas d'assez de temps sur mon visa qui arrive à expiration. Il me restera quelques contrées à explorer dans le pays. Je me dirige donc vers le Kazakhstan à nouveau. Il est dimanche et étant parti aux aurores, les rues sont désertes. Je me paye plusieurs grands boulevards avec une circulation quasi inexistante. J'évolue à la même vitesse qu'une marshrutka. Avec ses arrêts incessants nous ne faisons que nous doubler mutuellement ce qui a le don d’excéder le chauffeur. Notre jeu du chat et de la souris qui m'amusait devient vite un peu dangereux, mais force est de constater qu'un vélo peu avoir la même efficacité qu'un véhicule motorisé. Le passage de la frontière se fait sans encombre même s'il est surpeuplé. Je ne suis pas contrôlé à la sortie de l’Ouzbékistan comme certains voyageurs ont pu l’être. Le pays semble devenir un peu plus laxiste dans ses exigences.

Je fais route vers Shymkent. J'avais prévu un détour par la réserve naturelle de Sairam-Ugam, mais je m'y résigne, la météo n'étant pas très engageante. Je favorise les routes secondaires, dont certaines en bien mauvais état. Le peu de dénivelé me fait cependant arriver à Shymkent dans la soirée, alors que j'avais prévu d'y arriver en deux jours.
Je dors dans un auberge en ville après avoir mangé quelques spécialités turcs. Il y a ici une grande communauté turcophone. Au lendemain, après une sortie ennuyeuse par la route principale, je rejoins à nouveau une route secondaire qui longe une rivière. Je profite d'un peu plus de calme pour me restaurer et campe en bordure du court d'eau.

Retour sur la voie principale, cette fois c'est par choix. La route nationale est bondée de camions qui se dirigent vers l'ouest du pays et qui rendent la progression difficile et dangereuse. Finalement sur la voie rapide de deux voies, je bénéficie des bas cotés et me fournissent un espace "réservé". J'arrive dans la ville frontalière de Taraz en fin de journée. Je prévoyais de dormir un peu avant la cité le long d'une rivière repérée sur la carte. Celle-ci s'avère asséchée et exploitée pour en extraire du granulat. Je décide de dormir peu après la ville, juste avant la frontière pour gagner un jour sur mon visa kirghize. Alors que je cherche un endroit où planter ma tente, un ancien me propose de m’accueillir chez lui. Je le suis, peu convaincu de mon choix alors que nous nous enfonçons dans des petites rues sombres. Mais il s'avère qu'il vit avec sa famille pleine de vie et d'entrain. Je suis reçu avec tous les honneurs et prolongerai mon séjour d'une nuit supplémentaire. Je ne manque pas de rencontrer toute la famille dont la grand-mère qui me propose le plus naturellement du monde une de ses petites filles!

Les matins je déjeune avec le patriarche en attendant que la petite famille se lève. Il ne parle pas anglais mais nous nous comprenons par des gestes simples et entendus. Nous n'avons globalement pas besoin de parler. L'entente est tacite et nul besoin de meubler la conversation. Nous apprécions la tranquillité du moment présent et le silence avant l'effervescence diurne. Ce silence n'est en rien pesant, il est même plutôt apaisant, enrichissant. La journée je profite des jeunes pour visiter les environs.

Après ce deux jours en bonne compagnie il est temps de faire mes adieux et de

repartir sur ma monture. J'atteins un réservoir d'eau après avoir passé la frontière kirghize. Le barrage forme un joli lac. Un bon bain frais et fort apprécié car la température est très chaude en ce jour. Le Kirghizistan m'offre déjà ses premiers paysages: des vallées évasées surmontées d'élégantes montagnes. Je prévois ici aussi d'exploiter la durée totale de mon visa, soit deux mois. J'ai renoncé à la route du Pamir à travers le Tadjikistan, sa route à l'altitude vertigineuse et ses paysages désertiques et authentiques. Mon choix s'est porté sur le Kirghizistan et ses prairies verdoyantes, ses yourtes, ses nomades... Je ne peux cacher mes attentes même si je les contiens au fond de moi au risque d'être déçu.

Je me fais avancer par deux paysans bien sympathique sur une vingtaine de kilomètres. Alors que l'un d'eux essayait de me faire la conversation depuis son volant, j'accepte leur proposition de me véhiculer jusque la prochaine intersection. La température avoisine les quarante degrés. J'arrive à Talas en milieu de soirée, accueilli par une famille kirghize. Le couple gèrent un magasin de multimédia. Toute la famille possède son smartphone dernier cri, même le plus jeune enfant âgé de neuf ans. Ils consultent les photos que je poste sur Instagram chacun sur leur appareil. Dans mon coin j'attends qu'il aient parcourus mon trajet et mes clichés. Si j'avais apprécié les moments de silence dans la famille kazakh, je ressens plus de solitude à ce tableau où chacun est rivé sur son téléphone. La technologie nous rapproche des personnes éloignées mais semble parfois un obstacle aux personnes qui nous entourent. 
Remise en marche le lendemain, je remonte la vallée en direction de l'Est,

lentement mais sûrement, la route est en bon état. J'arrive au pied d'un col, le paysage ressemble étrangement aux hautes vallée alpines. Je fait le plein de vivre avant de me lancer dans l'ascension des derniers kilomètres. La vallée est désormais peuplée de yourtes de nomades qui emmènent ici leur bétail pâturer pour la saison d'été. Les troupeaux de moutons sont nombreux et gigantesques. C'est plusieurs milliers de bêtes que je verrai durant mon ascension. Le temps commencent à se faire menaçant. Je dors à quelques kilomètres avant le sommet.

Le lendemain j'attaque les derniers kilomètres qui deviennent rapidement assez raide. A moins d'un kilomètre le temps se gâte et le tonnerre commence à gronder tout autour de moi. Arrivé au sommet j'ai à peine le temps de me revêtir que des giboulets se mettent à tomber. Le contraste avec les températures des journées précédentes est déroutant, mais je culmine actuellement à plus de 3300m d'altitude. Un minibus s'arrête pour une pause pipi/photo. Je suis abordé par une voyageuse allemande qui se rend à Talas dans le cadre d'un projet. Alors que nous conversons je lui offre la fin de mon thé ainsi qu'à son interprète. Gênés par mon geste altruiste je les rassure ayant prévu de refaire le plein au pied du col. Je repars avec un sac de beignets fourrés... On peut parler de retour sur investissement. 

 

La descente est longue et appréciable malgré la fraîcheur de l'air. Sur ma route se succèdent yourtes et nomades. Les troupeaux sont régulièrement sur la route et il est parfois nécessaire de jouer des coudes avec le bétail. Alors que les automobilistes ne se formalisent pas et klaxonnent de manière effrontée.

Au pied du col je m'insère dans une vallée qui doit me conduire à un second col. Légèrement en descente, le vent de dos, j'avale les kilomètres avec une facilité déconcertante tout en profitant des paysages uniques que m'offre ce pays magnifique.

 

1/3

Je décide de dormir au pied du col pour le gravir le lendemain. J’aperçois deux tentes posées près d'un utilitaire alors que la pluie commence à s'abattre et me détremper. Leurs occupants m’aperçoivent. Je leur demande si ma compagnie les dérange. Il s'avère que c'est un groupe d'une clinique de Bichkek spécialisée dans les thérapies contre la drogue. Ils accompagnent un jeune dans un challenge de trek à pied dans le cadre de la fin de son programme de désintoxication à la drogue... dure. Émir était DJ en Turquie et a consommé à peu près tout ce qu'il ne fallait pas. Les dégâts au niveau neurologique sont sévères: tremblements au mouvement, bégaiement... Ils me proposent de m'installer près de leur campement. Il s'