нохой хорио!



Je quitte Zharkent, dernière ville Kazakh où j'ai fait étape à quelques kilomètres de la Chine. J'en profite pour un petit détour par la mosquée de la ville, qui a une drôle d'allure orientale de part sa construction par un architecte chinois. Un vent de face ralenti ma progression mais me permet de moins subir la chaleur étouffante. J'arrive à la frontière après une cinquantaine de kilomètres. Je me débarrasse de mes derniers Tenge pour un copieux repas dans une yourte près de la frontière. Il me faut faire une grande boucle sur une route déserte mais bien clôturée et surveillée par des caméras disposées à intervalle régulier tous les cinquante mètres environ.


Je récupère mon tampon de sortie kazakh auprès de l'officier pendant que l'un de ses subordonnés fait des tours avec mon vélo dans le hall devant ses collègues hilares. Du coté chinois, le poste-frontière est à la pointe de la modernité. Contrôle électronique de mes empreintes digitales, scanner facial, le tout avec des consignes donné par un petit haut parleur dans la langue en accord avec l'origine du passeport. Direction Huergosi, peu après la frontière, où je compte prendre un train pour m'avancer. Mais la gare n'ouvre qu'à 18h. Il me faut m'armer de patience bien que la journée ait fait un sacré bon en avant avec un décalage horaire de deux heures par rapport au Kazakhstan. La chine a la particularité de n'avoir qu'un fuseau horaire malgré sa superficie. J'attends dans un café internet qui s'avère plutôt être une salle de jeux vidéo. Le stéréotype du geek chinois est représenté ici dans toute sa splendeur.

Après une fouille complète et une demi heure d'attente, j'obtiens mon billet. Mais sur le quai on me refuse l'accès au train car il n'y a pas de wagon cargo pour entreposer mon vélo. Je pensais pourtant m'être bien fait comprendre au guichet que je voyageais à vélo, à coup de moulinet avec les bras. Je me souviens d'une de nos professeurs en école de kinésithérapie qui comparait les troubles neurologiques post AVC -notamment la dysphasie- comme une téléportation en Chine. Impossible de comprendre, de se faire comprendre, de lire quoi que ce soit. Même les mimes pourtant souvent explicites sont difficiles à faire interpréter. Malgré une bonne heure de négociation grâce aux applications de traduction sur smartphone (vive la technologie), je me retrouve avec un nouveau billet depuis une autre ville le lendemain. Je reprends la route direction Yining et dors une vingtaine de kilomètres à la sortie de la ville. J'ai perdu un bon moment avec cette histoire. Mais avec le décalage horaire le soleil se couche à peine à 22h passées.

La région du Xinjiang dans laquelle je suis est particulièrement sous tension du fait des confrontations avec la communauté musulmane ouïgour. La police est omniprésente et les contrôles fréquents. Chaque entrée de ville, de canton, de gare et même de station service est pourvues d'un poste de police. A quoi l'on peut rajouter les quelques contrôles inopinés auxquels j'ai eu droit. C'est donc entre trois et cinq contrôles par jour que je me suis vu imposer durant la traversée de cette région. Allant d'une dizaine de minutes à plus d'une heure, un temps et une énergie colossale gaspillée par ce régime totalitariste. Le plus risible est que bien souvent certains policiers ne savent même pas quoi faire de mon passeport qu'ils sont incapables de lire. Ils finissent par me relâcher sans plus d'explication après avoir épluché mes visas (surtout ceux en arabe bizarrement). Le contrôle se solde aussi souvent par une photo de mon passeport et un selfie pour la route. J'ai arrêté de compter le nombre de smartphone qui contiennent mon portrait en seulement une semaine.

Je m’arrête pour manger un bout devant une échoppe. Les chinois sont globalement peu avenants ce qui change radicalement avec l'Asie centrale. Peu de sourires ni de salutations. Mais le tenancier vient à ma rencontre. Il se met en tête de goûter à tout ce que je mange. Au moment de croquer dans un bout de kurut qui me reste (ce fameux fromage sec et salé au lait de jument), il part cracher sa bouchée dans une jérémiade d’onomatopée. Il revient sans rancune avec un bon kilo de tomates de son potager qu'il m'offre, en sus du kilo de prunes et d'eau de son puits.

J'arrive à Yining après avoir passé les contrôles de routine. Pas de souci pour prendre mon vélo dans le train qui voyagera séparément. Je scanne une première fois l'intégralité de mes sacoches à l'entrée de la gare. On me demande de laisser mon spray imperméabilisant car inflammable. Après m’être disputé avec la policière un moment, je fini par négocier de vider son contenu sur mes affaires plutôt que de la jeter. Finalement c'est elle qui s'en chargera. Puis je dois renouveler l'opération du scan au moment de déposer mon chargement. Je joue de ruse pour ne pas me faire confisquer mon couteau multifonction en sortant mon basique couteau de cuisine de la popote. La bouteille d'essence qui me sert pour mon réchaud n'y coupera pas et je dois la vider. Cela ne me réjouit guère sachant qu'il est interdit de vendre de l'essence à toute personne non détentrice d'une carte d'identité nationale. Mais à chaque jour suffit sa peine. Mon vélo est prêt à partir, nouveau contrôle pour accéder aux quais, scan de mon sac à dos, fouille au corps... Je dois même boire une gorgée dans ma bouteille pour prouver qu'elle ne contient que de l'eau... Il faut être patient !

Je prends un train de nuit pour Urumqi, capitale de la province avec ses quelques deux millions d'habitants. La gare d'arrivée, un peu excentrée, m'oblige à emprunter des axes autoroutiers et autres échangeurs. Je trouve une gare de bus pour me sortir de ce calvaire et m'avancer d'une centaine de kilomètres. Énième contrôle qui dure un certain temps pour moi, toujours à cause du fait que les policiers ne savent pas trop quoi lire ni quoi faire. Nous pouvons repartir alors que tout le monde m'attend depuis plus d'une demi heure maintenant. Arrivé à Jimsar, j'ai le droit au comité d'accueil. Je suis au poste de police pour un nouveau contrôle et rapport en bonne et due forme : les endroits où j'ai dormi, les trains et bus empruntés... l'officier semble très jeune, mais pourtant consciencieux. Je me plie cependant à la règle docilement car un subordonné parlant bien anglais nous permet un échange complet. Je garde son numéro pour les contrôles à venir.

Enfin libéré, je reprends la route, le vent dans le dos. Je trouve non sans mal une station service qui accepte de me remplir ma bouteille d'essence après avoir parlementé un moment et laissé un joli billet.

Nouveau contrôle de police au changement de canton, rapide pour une fois. J'arrive dans une bourgade que je traverse rapidement. Mais à la sortie une voiture de police a tôt fait de me rattraper, nouveau passage par la case commissariat, enquête... malgré que je leur donne le contact du précédent officier. J'en profite pour faire remplir mes bouteilles d'eau et repars avec un kilo de raisin. Les officiers ne manqueront pas de faire des photos « souvenirs » dont je n'ai aucun doute quelles seront détournées en propagande. Après quelques kilomètres je m’arrête sur une étendue de sable pour camper. J'entre dans une partie désertique qui se prolongera jusque la Mongolie. Le temps est couvert et le soleil couchant rougi cette brume humide qui me surplombe. J'ai passé ce jour presque autant de temps au poste de police que sur mon vélo.

Une nouvelle chaude journée, mon thermomètre m'annonce 39°C. J'ai un peu sous estimé cette partie qui est de loin la plus aride que j'ai eu à traverser. Heureusement les contrôles de police réguliers me fournissent en eau potable à chaque fois. Je termine ma journée aux abords d'un poste-frontière abandonné, pourtant récent semble-t-il. La nuit est calme et le silence du désert m’envoûte doucement.

Le lendemain j’atteins rapidement une carrière de minerai, qui explique sans doute les nombreux camions qui circulent à plein régime dans un fracas métallique. A l'entrée, une gargote propose une restauration basique. Le couple d'un certain age me sert du pain et une théière de thé vert, servi salé avec du lait... le couple parle Kazakh et nous échangeons quelques banalités. Il semble y avoir une grande communauté Kazakh dans cette partie de la chine.

Je pars sans avoir à dépenser un sou, avec quelques réserves pour la journée et notamment des bouteilles d'eau supplémentaires que je ne peux refuser. Le format standard est de 50cl ici, et on ne s'encombre pas avec les déchets.

La population consomme que de l'eau embouteillée qu'elle jette sur les bords de routes où gisent des bouteilles de plastiques avec pourtant aucunes habitations aux alentours. Les kilomètres s’égrainent lentement. Une des bonnes choses de la Chine est le retour des numéros de routes qui me permettent de me repérer car autrement tous les panneaux sont en chinois. Mais les bornes kilométriques affichent une distance qui diminue lentement, lentement...

Je roule toujours à travers ce désert qui prend des aspects lunaires, je termine ma journée près d'une petite cabane à l’abri du vent qui sévit en fin de journée. Je décide de dormir à belle étoile, le temps est dégagé. Mais dans la nuit je suis réveillé par des gouttes qui m'humecte progressivement le visage, détrempe peu à peu mon duvet... Après avoir attendu un moment espérant que ça passe, il me faut sortir la toile de tente que je passe par dessus pour finir la nuit sous des ondées régulières.

J'atteins enfin une ville le matin suivant, après plus de deux cents kilomètres sans habitations. Bien sûr, nouveau contrôle à l'entrée. Les policiers municipaux ne manquent pas d'appeler la police aux frontières qui débarque avec arrogance. On m'inspecte, on m'interroge... et puis je suis convié à manger dans un restaurant en ville. Mon petit déjeuner est à moins de deux heures de temps et on me sert une double portion de pâtes sur laquelle reposent au moins trois œufs brouillés. Le tout à déguster avec des baguettes s'il vous plaît. Heureusement ma ferveur pour la cuisine orientale me permet de ne pas faire l'affront d'aller chercher mes couverts. Un soldat qui parle un peu anglais m'offre même des denrées pour la suite de la journée.

Après un abord un peu froid pour marquer l'autorité je suis généralement plutôt bien accueilli avec parfois même un « welcome to China ! »... quelle ironie! Comme une fois où un officier me glissera « c'est pour votre sécurité ! » Après avoir passé en revue toutes les photos de mon téléphone et de mon appareil photo... bien sûr! Mais le summum a été un officier, qui, ne parlant pas un mot d'anglais, m'a le plus naturellement du monde noté sa question sur un papier... mais en chinois ! Si seulement j'avais pu lui expliquer ce que l'expression « c'est du chinois » signifiait pour nous.


Une journée avec un fort vent de face m'attend. Quelques jeunes à moto s’arrêtent régulièrement pour se photographier avec moi. La journée est longue et difficile. Le soleil tente de percer un voile laiteux dans une auréole nacrée. Je trouve un recoin derrière un pont pour camper. Le voile se lève et la lumière du soleil couchant passe par toutes les déclinaisons de couleur du jaune au violet.

Le lendemain je suis réveillé par le siffloti d'un homme qui travaille les champs aux alentours. Il restera près de moi le temps que je déjeune et plie bagage, stoïque, observant mes moindres faits et gestes et refusant mes propositions de partager ma collation. La route prend un angle droit et je me retrouve avec le vent dans le dos et enchaîne les kilomètres.

Je termine donc une traversée plutôt éprouvante de cette région méconnue et dont j'avais peu de renseignements. Outre le contexte politique tendu et la répression accrue, le Xianjiang est une partie assez difficile à parcourir à vélo. Ces longues lignes droites au milieu d'un paysage plutôt désertique m'ont été particulièrement surpris. Elle n'est reste pas moins intéressante et je vous laisse découvrir cet région en image.

Je pensais passer la frontière le lendemain. Mais poussé par le vent je l'atteins dès le milieu de l'après midi. Additionné avec la surveillance accrue aux abords de la limite du pays, je préfère passer en Mongolie le jour même. Le coté chinois est naturellement pourvu de plusieurs contrôles et je me fais beaucoup moins docile et aimable, ma patience arrivant légèrement à ses limites. Coté mongol, un coup de tampon et c'est parti !

Je roule jusque Bulgan à une cinquantaine de kilomètres de la frontière. La route est toujours asphaltée mais la circulation, déjà pas très dense, se raréfie et je retrouve le calme de l'immensité des steppes. Une lumière chaude du soir nappe le paysage toujours autant désertique. Le vent me pousse et en arrivant en ville un haute colline rocailleuse et survolée par une multitude de rapaces qui exploitent ce vent dans un vol quasi stationnaire, lent et tranquille.

Je pensais faire une pause mais les tarifs de l'unique hôtel m'invitent à reprendre la route dès le lendemain matin. Toujours vent de dos, mais pas très fort encore, je suis la route qui me mène vers l'Est. Je fais une pause déjeuner dans une cahute faite de quelques poteaux de bois à moitié brisés, recouvert de tôle qui m'abritent du soleil chaud. J'improvise là une petit sieste jusqu'à être réveillé par le soleil déclinant dont les rayons viennent lécher ma peau halée. J'enfourche mon vélo sous les craquements de la cabane que le vent maintenant bien fort ne manque de faire envoler. Je quitte la route pour une secondaire sans quitter le goudron. J'arrive près du lit d'une rivière asséchée où je prévoyais d'établir mon campement pour la nuit.

Quelques yourtes trônent fièrement et semblent destinées à restaurer les routiers de passage et autres voyageurs. Plusieurs ne sont pas habitées et je décide de camper à la belle étoile près de l'une d'elle qui offre un porche au revêtement plat dans cette univers de rocs.


De l'autre coté de la route il y a de l'ambiance, quelques jeunes du coin sont venus sur leur moto pour s'enivrer. Ils m’interpellent, d'abord avenants, puis finalement gagnés par une insolente pétulance de leurs libations, ils deviennent plutôt hostiles et agressifs. Heureusement ils ne tardent pas à reprendre la route sur leurs motos, après avoir récupéré l'un d'entre eux moitié inconscient. Il semblerait que l'alcool soit un fléau en Mongolie et nombreuses furent les fois où j'ai vu des hommes ivres à la limite du coma.

Mais les mauvaises rencontres en cachent souvent une meilleure. Alors que j'aide une des fillettes à ramener l'eau qu'elle vient d'aller chercher à près de deux kilomètres à l'aide d'une brouette, le tenancier de la yourte revient de sa journée dans les steppes avec son troupeau de chèvre. Vêtu d'un traditionnel deel rose saumon, il a les yeux qui pétillent et un imperceptible sourire. Il vient s’asseoir près de moi pour partager un thé et quelques biscuits. Alors qu'il fume en silence, nous sommes rejoints par un couple d'anciens, eux aussi drapés traditionnellement. La conversation va bon train entre eux. Je les écoute silencieusement, m'imaginant des paroles que je ne comprends de cette langue gutturale. Ils sont joyeux et finiront la conversation dans la yourte une fois que j'aurais succombé au sommeil et me soit glissé dans mon sac de couchage sous la nuit étoilée.

Je reprends la route après avoir fait mes réserves d'eau à la yourtes où les femmes (mère et fille) sont occupées à la traite.

La Mongolie que je traverse est toujours d’aspect lunaire avec d'immenses lignes droites qui forcent à la méditation et la contemplation. Les paysages s’enchaînent sans beaucoup de changement. Cependant le peu de dénivelé maintient un discret défilement du paysage qui donne le sentiment de progresser.

J'arrive à un village. Refais le plein d'eau dans un ruisseau sous le conseil de jeunes mongols et remonte le court d'eau qui trace une vallée. Le ruisseau provient d'une petite rivière où paissent le bétails. Mieux vaut donc avoir l'estomac accroché. L'eau apporte avec elle la vie. Les yourtes se succèdent durant mon ascension. Je suis parfois salué ou stoppé, mais les gens reste relativement en retrait. Cependant dans ceux avec qui j'échange quelques banalités comme je peux, ils sont tous fascinés par le phare de mon vélo. A chaque pays sa particularité, en Asie centrale c'était le GPS qui attirait l'attention. Chacun me demandait à voir ma carte de navigation, sans pour autant savoir la lire dans bien des cas, ni même se situer dans leur propre pays. Mais ici la fascination est pour cette lumière alimentée par une dynamo dans ma roue avant. Je campe près de l'eau qui est maintenant un fin filet d'eau, à quelques kilomètres en aval du col.

Arrivé en haut du col je prends un moment près d'une fameuses ovoos. Littéralement traduit par « tas de pierre » mais dont la signification s'étend plutôt à « owner of the nature », celui à qui appartient la nature. Lieux de cultes et d'offrandes qui se dressent fièrement ver le ciel pour communiquer avec les esprits. Il est coutume de rajouter trois pierres afin de souhaiter que le voyage soit sans encombres.

J'atteins la plaine au pied du col après une longue et grisante descente.


Je quitte l'asphalte pour couper à travers la steppe. Heureusement la piste continue de descendre et je m'enfonce facilement dans une steppe vert émeraude éclairée d'un soleil pale. Je trouve un ruisseau pour refaire le plein d'eau et manger un bout. A la fin de ma collation, l'eau a disparu, le ruisseau s'est tari. Les prochaines habitations étant à plus de cent kilomètres, à peu de choses près je me retrouvais sans eau car il n'y a pas non plus de source sur ma route à venir.

Je grimpe un petit ressaut pour atteindre un plateau. La piste se divise en deux. J'ai le choix entre la tôle ondulée et le sable. Cruel dilemme pour un cyclotouriste. Mais la chienlit atteindra son paroxysme lorsque les deux pistes se rejoignent à nouveau et m'offrent une association de ces deux ennemis. Il faudra un jour que l'on m'explique comment une telle combinaison est possible. Je continu sur une légère descente ce qui me permet de maintenir un certain rythme malgré que je doive souvent poser le pied à terre dans le sable. Je retrouve la plaine et la steppe à perte de vue. Pas ou peu de relief désormais, une immensité désertique à perte de vue. Je campe au bord de la piste au beau milieu de nul part, n'étant pas trop dérangé par la circulation.

L'unique véhicule que je verrai sur cette portion est une moto passant à toute berzingue à la nuit tombée. Ses passagers emmitouflés sont rapidement avalés dans la pénombre d'une fraîche nuit nappée d'une lumière crémeuse de la pleine lune.

Le lendemain je continue ma route sur cette piste de plus en plus défoncée. Je peine entre le sable et la tôle ondulée. Les kilomètres sont longs et fastidieux, le vent me contre et rend la progression encore plus difficile. La tête dans le guidon je débranche le cerveau et avance, hagard, dans cette immensité stérile. C'est probablement la portion la plus difficile que j'ai eu à rouler depuis mon départ. En milieu d'après midi je n'ai toujours pas croisé âmes qui vivent et je commence cruellement à manquer d'eau. Il me faut trouver une solution avant que cela ne devienne problématique. Il en va de même pour mes réserves en nourriture qui arrivent à épuisement n'ayant rien trouvé pour me ravitailler. Heureusement je fini par apercevoir une voiture au loin, qui s'annonce comme un miracle. Son conducteur est perché sur le toit, une longue vue à la main. Il semble chercher des bêtes égarées. Il me laisse remplir mes bouteilles vides avec un bidon qui traîne dans sa voiture et m'autorise à me rassasier de beignets gras et fromages secs.

Je le remercie chaleureusement et reprends ma route pour une dernière ligne droite. Une seconde voiture me dépasse et ralenti à ma hauteur. L'homme est tout sourire, sa femme allaite le sein à l'air un bébé échevelé. Ils me proposent de charger mon vélo pour m'avancer. J'aurais tout donné quelques minutes plus tôt pour quitter ce calvaire. Mais mon but approchant et mes problèmes d'eau résolus, je décline poliment puisque qu'il nous faudrait probablement autant de temps pour faire entrer ma monture dans leur voiture citadine que de finir ma route. L'homme repart, toujours tout sourire, sans avoir oublié de me proposer de l'eau. J'atteins un croisement en fin de journée, après huit heures à batailler sur mon vélo. Une petite échoppe me permet de me ravitailler pour la soirée : gâteau, chocolat, bière... Je me rattrape un peu ! J’établis mon campement près du court d'eau boueux, sous l'assaut des moustiques. Cela ne m'empêche cependant pas d'apprécier le repos après cette folle journée dans la lumière chaude d'un soleil de fin de journée qui illumine la plaine.

A peine ai-je repris la route le lendemain qu'une voiture s’arrête à mon niveau. Toute la famille m'observe avec le sourire pendant que la femme s'empresse de remplir mes bouteilles de thé froid avant de repartir. Le premier problème de la journée est résolu... la solution du second viendra dans une trentaine de kilomètres quand j'aurai quitté cette piste infernale et retrouvé l'asphalte. Enfin ! Le temps de boire goulûment du thé... salé. J'avais oublié ce détail. Mais le vent a encore forci, je suis scotché à la route. Après avoir bataillé un moment je cède à la tentation et tends le pouce. Je fini les quarante derniers kilomètres à bord d'un minibus en compagnie d'une famille, les trois enfants charmants dont le benjamin passera le trajet installé sur ma selle de vélo.

J'arrive a Altay harassé par mes deux dernières journées. J'ai cumulé douze jours de vélo consécutifs depuis mon départ du Kazakhstan, et comme on dit... une pause s'impose.

Ma journée de repos se voit perturbée par un chamboulement de programme. Il semblerait que je ne sois pas en mesure de prolonger mon visa mongol car il aurait fallu m’être enregistré à Oulan Bator dans les sept jours, qui dans mon cas était impossible. Je dois donc écourter mon séjour prévu en Mongolie pour prolonger celui en Chine. Mais des rendez-vous prévus me bloquent à Pékin et je dois donc trouver une solution pour occuper mes journées autours de la capitale Chinoise, en pleines vacances. Du fait de réduire la durée de séjour en Mongolie, je décide donc de prendre un transport et de m'avancer le lendemain de 400 km et éviter une portion de route défoncée. Huit heures semblent nécessaire pour traverser cet enfer en bus. L'achat du billet n'est pas une mince affaire dans ce pays où l'anglais est peu commun. Mais je pense avoir réussi à négocier un trajet pour le lendemain. Effectivement un bus pour Oulan Bator est sur le départ le lendemain quand je me pointe à la gare, je n'aurais qu'à descendre à ma destination choisie. Nous voilà partis avec une bonne demi heure de retard, le temps de faire le plein du bus et du réservoir. Le car est décoré de rideaux rose fushia et les fenêtres surmontées de cantonnières rose pâle. Les sièges revêtu d'une housse rouge orangée donne une allure kitsch. Les bagages sont principalement entreposés sous les sièges, les soutes étant remplies de paquets. Les jeunes enfants sont généralement installés sur les genoux. Nous roulons près de deux heures avant le premier arrêt pipi, au beau milieu de la steppe. Les hommes se soulagent en ligne à la sortie du bus, tandis que les femmes s'éloignent d'une trentaine de mètres pour se camoufler sommairement derrière un petit monticule de terre. Nous repartons dans l'odeur du tabac froid qui a imbibé les passagers durant leur shoot de nicotine. Après quelques kilomètres nous quittons l'asphalte pour une piste chaotique. Le bus prend des mouvements de bateau mis à mal par la houle. L'horizon ondoie au travers des fenêtres dans les mouvements de tangage de notre navire. S'ajoutent les vibrations de la carcasse alors que nous survolons la tôle ondulée. Il est d'ailleurs moins désagréable de le subir au travers du siège molletonné que de ma selle en cuir. Les yeux se closent peu a peu. Les enfants sont allongés en travers des sièges, la tête reposant sur les genoux d'inconnus. Je suis fasciné par l'affabilité et le contact humain facile entre personnes qui ne se connaissent pas en comparaison à notre société occidentale.

Nous gagnons une bourgade pour une pause repas en milieu d'après midi. Pendant ce temps le chauffeur inspecte son moteur, un bruit nous accompagne depuis un moment. Après m'être rassasié avec les autres passagers, je découvre que la moitié du moteur est démonté sur le parking. Loin d’être expert en mécanique, la vue du radiateur démonté et qui fuit me porte à penser que l'on n'est pas prêt de repartir.

En effet je comprends qu'un second bus a été affrété pour finir le trajet. Nous n'avons plus qu'à rester enfermé à l'intérieur du restaurant de routiers, la pluie s'abattant violemment, accompagnée de rafales de vent. J'apprends le jeu de carte national, comme souvent à mon habitude. Après cinq heures passées à taper le carton principalement, notre nouvel autocar arrive. Celui-ci est tout aussi coloré mais plutôt dans les tons or. Nous transférons le contenu des soutes. Enfin surtout les autres, car je me sens vite comme un cheveux sur la soupe ne comprenant pas trop les directives dans ce tohu-bohu sous la pluie.

Rapidement la lumière est éteinte et nous voilà reparti dans la sombre nuit. Le chauffeur tente de rattraper son retard en poussant le régime du moteur, mais il sera rapidement dissuadé par les vomissements de plusieurs passagers. Nous continuons de nous faire malmener des heures durant.

Il est deux heures du matin quand nous arrivons à ma destination. Je suis déposé à la sortie de la ville avec tout mon paquetage sous une pluie fine. Heureusement un passager avec qui j'avais sympathisé m'aide à trouver une chambre dans un auberge à proximité. Je tombe comme une masse après ces quinze heures de trajet. Un rapide coup d’œil sur le ciel tôt le matin m'indique que je peux jouer les prolongations. Puis lorsque j'émerge de nouveau plus tardivement, le ciel commence à se dégager et je me remets en route.


Route asphaltée, j'ai quitté le coté lunaire dans lequel j'ai évolué longuement. Je retrouve une Mongolie vallonnée et verdoyante dans laquelle il est tout aussi agréable de progresser. L'air est pur, lavée de ses imperfection par la pluie de la veille. La route est bien plus facile. Les conducteurs sont aussi plus avenants, souriants, n'hésitant pas à me saluer parfois avec une frénésie déconcertante. Mais le plus caractéristiques se sont ces nombreux hommes sur leur moto chinoise, bien souvent vêtus de leur deel traditionnel et coloré. J'évolue avec légèreté, probablement grâce au repos et à la gaîté de cœur qui me gagne. Ces paysages sont en tout point représentatifs de l'image de la Mongolie que je cherchais. Le genre de journée où tout souri... où tous sourient.

Arrivé à Narinteel je trouve une yourte qui propose quelques collations pour les passagers des bus de passage. Je peux y déguster une assiette de Buuzs -l'équivalent aux mantis kirghizes- fraîchement préparés. La famille est souriante, aimante sans aucun doute. J'assiste aussi à la préparation du Tsuivan, plat répandu fait de pâtes fraîches. D'abord pré-cuites sous forme de fines galettes, puis découpées soigneusement en fine lamelle au hachoir. Chacun à sa place.

Je campe près de la rivière non loin, où coule une eau sombre et brunâtre, ondoyant silencieusement sous le soleil couchant.

Je reprends la route par une petite ascension qui se termine par un plateau où je suis accueilli par des trombes d'eau. Puis s’enchaînent des côtes et des descentes dans un paysage immense et infini. Mais la route reste agréable malgré le vent qui sévit.

Le lendemain c'est le même vent, forçant, qui me contraint à écourter ma journée. J'arrive à Arvayheer étourdi par les bourrasques qui m'ont sonné tout au long de la journée. Je profite d'un hôtel pour recharger les batteries. J'y rencontre trois suisses fort sympathiques qui voyagent en famille (le père et ses deux fils) et à moto. Cela me permet de renouer avec le contact du monde des voyageurs que j'ai perdu depuis le Kirghizistan. Le lendemain le temps est dégagé et le vent a cessé. J'avale les vingt premiers kilomètres dans l'heure. Ceux que je comptais faire la veille et qui m'auraient pris plus de deux heures à cause du vent. Je quitte la route principale pour m'enfoncer dans la steppe par une piste en terre battue. La route est facile puisque pas de tôle ondulée ni de sable. Après une pause dans le silence enivrant de ces contrées, je m'insère dans un vallon. Un fin ruisseau serpente au milieu d'une herbe grasse, créant quelques mares où viennent s'abreuver yaks et chevaux. Quelques troupeaux de chèvres et de moutons éparpillées sur les flancs paissent tranquillement.

Les yourtes sont disposées à intervalle régulier, traditionnellement adossées à la montagne ou sur une bute. Tournant le dos à la pente et regardant la rivière en direction du sud. Il ne faudra pas me prier pour y établir mon campement pour la nuit. Après avoir été accueilli par quelques nomades avinés pour partager quelques bol d'Aïrag, le lait fermenté de jument, j'avance de quelques kilomètres pour trouver un coin plus tranquille. La yourte près de laquelle je suis est inhabité, mais la présence d'un cheval m'indique que les propriétaires ne sont pas loin. On ne frappe généralement pas à la porte d'une yourte. On y entre après s'être annoncé de vive voix: нохой хорио signifie littéralement "tiens ton chien".

Ils arriveront en pleine nuit, probablement après être aller faire quelques emplettes au village le plus proche. Le couple sans age m'accueille au matin pour un copieux petit déjeuner fait de thé salé, de pain frais et de crème recueillie au moment de la fermentation du lait.

Je poursuis le lendemain jusque sortir du vallon pour arriver sur une étendue agreste. L'irrigation est ici organisée et je perds parfois mon chemin au détour d'un champs, cultivé ou en friche. Il semblerait que l'on respecte encore le concept de la jachère ici. Puis je retrouve l'asphalte à quelques kilomètres de Kharkhorin où je compte faire étape. Suuvd m'accueille au sein de son campement de yourtes qu'elle gère en famille. J'ai finalement un peu d'avance et préfère ne pas arriver trop tôt à Oulan Bator, qui ne m'est pas décrite comme des plus exceptionnelles. Je profite d'une première journée de repos sous une pluie battante. Puis de deux autres journées à papoter avec des touristes de passage, mettre à jour mon journal de bord et faire un peu de tourisme. Kharkhorin est l'ancienne capitale de l'empire mongol sous le régime de Gengis Khan.

Je quitte la ville par le nord pour rejoindre Ogii Nuur. Un lac qui sert principalement de station balnéaire. Les camps de yourtes sont désertés avec la fin de la saison. Mais quelques touristes de la capitale sont ici pour profiter du calme et de la pêche. J'arrive en fin d'après midi et établi mon campement sur ses rives.

Il me faut pédaler un trentaine de kilomètres pour rejoindre une route asphaltée qui me mènera directement à la capitale. Les paysages changent doucement. Après une région plutôt verdoyante, j'évolue désormais au travers de reliefs modérés dont l'herbe roussi peu à peu. La teinte de l'environnement prend des allures automnales alors que l'été touche à sa fin. La route est facile et je progresse facilement. Je profite des restaurants de routiers pour me restaurer de cuisine traditionnelle mongole. Les rares cours d'eau qui sillonnent ces plaines me permettent d'établir mon campement sur une herbe grasse et moelleuse près des chevaux qui paissent tranquillement. Peu à peu le temps se dégrade apportant des orages passagers qui ternissent un peu plus cet univers silencieux et immobile.

Après deux jours d'ondées régulières, le bleu reprend un peu de terrain dans le ciel. Les derniers nuages éparses laissent apparaître un soleil radieux qui réchauffe la steppe. La température a drastiquement chuté ces derniers jours, l'hiver approche indubitablement. Ma route rejoint la route principale méridionale. Je suis rapidement accompagné de véhicules qui rejoignent la capitale. Encore une fois le respect du cycliste laisse à désirer. Les mongols roulent généralement bien au delà de la vitesse autorisée et n'hésitent pas à dépasser avec le minimum de distance. Je quitte cet axe périlleux une centaine de kilomètres avant Oulan Bator. Je bifurque sur une petite piste pour passer au travers d'un parc national où demeurent les derniers chevaux sauvages de Mongolie. Soulagé de quitter la circulation, je déchante néanmoins rapidement car la piste devient totalement ensablée. Je pousse mon vélo sur plusieurs kilomètres sous l'assaut d'orages réguliers. Puis le revêtement de la piste change pour se transformer en glaise rendue glissante par les averses. Je glisse et je patauge dans les flaques un moment. La boue a tôt fait d'encombrer mes gardes boues et mes freins. Je dois donc désengorger le tout avant de pouvoir enfourcher mon vélo de nouveau sous les derniers rayons de la journée.

Le parc est bien plus aménagé que je ne l'envisageais. L'entrée est pourvue d'un gigantesque campement de yourtes pour accueillir les touristes. La vue des quelques bus et tout-terrains ne me réjouit guère. Mais l'accueil est des plus chaleureux. Je suis autorisé à camper en bordure du parc et à utiliser les commodités. Une douche chaude, une bière fraîche...! Si je m'y attendais!

Après un petit déjeuner en compagnie d'un groupe de français je reprends la route à travers le parc. Un vent aigre balaye l'étendue protégée que je traverse sans croiser âme qui vive. A l'instar de la Cappadoce en Turquie, le fait que les visiteurs soient canalisés et concentrés par les véhicules motorisés, le calme règne en dehors des circuits organisés. J’aperçois de loin quelques chevaux que je laisse paître sans m'approcher avant de rejoindre une nouvelle vallée.

Je dois faire désinfecter mon vélo à la sortie du parc sans trop en comprendre la raison. Mais les personne en charge de l'opération sont fort surpris de me voir ici où aucuns touristes ne passent. Ils m'invitent à partager un Tsuivan que les femmes finissent de préparer.

Je longe la rivière Tuul qui serpente dans la plaine. J'arrive à une intersection entre deux pistes. Sur ma droite part un chemin qui est sensé traverser les trois bras du cours d'eau qui s'est divisé en cet endroit. J'ai pourtant été bien averti que ce serait impossible à vélo en cette saison: rien de tel pour éveiller ma curiosité! Je bifurque donc en direction de la rivière. Après quelques kilomètres j'atteins le premier bras. Je sonde l'eau trouble et me retrouve rapidement immergé jusque mi cuisse. Dans la catégorie des mauvaises idées...! Peu enclin à rebrousser chemin je passe à gué en plusieurs fois l'ensemble de mon paquetage. J'espère seulement que les prochains ne seront pas plus profonds. Même scénario pour le second cours d'eau. J'y croise une femme, qui me guide en traversant dans l'autre sens. L'eau ici aussi jusque mi cuisse, elle se change sans pudeur après sa traversée. Les mongols sont globalement pas très pudiques. Son mari l'attend pour la raccompagner à leur yourte. Ils s'éloignent tous deux sur leur moto chinoise à travers les prairies. Une scène courante que j'ai pu observer durant ma traversée, la moto ayant pris une part prépondérante dans le transport en Mongolie.


Heureusement le troisième segment est pourvu d'un pont. Mais avant de l'atteindre je suis hélé par un couple. Hors piste, ils ont embourbé leur véhicule dans une boue en tentant de traverser un ruisseau. Nous tentons de pousser le véhicule mais nous ne sommes pas en mesure de l'en extraire complètement. De l'aide semble être en route. Je prépare donc un thé, sans sel. Mais malheureusement nos secouristes sont bloqués pour cause de crevaison. Nous continuons donc notre attente en jouant au carte. Après un temps certain deux gaillards débouchent des fourrés drapés dans un deel traditionnel. Ils tentent de maintenir des chevaux apparemment pas encore dressés.


Après avoir attaché leurs animaux, ils viennent nous prêter main forte. Nous arrivons finalement à sortir le véhicule de son sort. Le jeune couple m'invite à charger mon vélo pour rejoindre le village et m'offrir l'hospitalité. Nous nous arrêtons en chemin donner un coup de main à réparer les chambres à air de nos supposés sauveteurs avec les pneus de leurs (deux) motos à plat. Je suis accueilli dans une yourte traditionnelle, avec la place de gauche réservée aux invités. Comme d'habitude le repas est copieux et la vodka généreuse. Quelques uns de leurs amis nous rejoignent pour la soirée.

Je fais mes adieux au petit matin alors que toute la communauté nous a rejoint. Je longe toujours la rivière étoffée de saules jaunis, difficile de penser que je suis à quelques kilomètres de la ville.

Après un ressaut, j'aperçois enfin la capitale que je surplombe. Oulan Bator se dresse tel un furoncle au milieu de la steppe. La vue de cette agglomération polluée après ces jours passés dans la nature n'est pas des plus réjouissant. Un nuage se dégage des deux principales centrales à charbon disposées au milieu de la ville. Le temps n'est pas au beau fixe ce qui donne une teinte encore plus terne à cette vision.



La circulation est vite très dense et l'air peu respirable mais j'atteins finalement mon point de chute. Undral gère une petite auberge fort sympathique en périphérie du centre ville. Un couple de français (en voyage depuis plus de ans) prépare un crumble pomme-rhubarbe. Rien de tel comme accueil pour se sentir comme à la maison.

Je me dirige ensuite pour un repas en centre ville. Je retrouve une amie de Serre Chevalier, avec un petit groupe d'expatrié pour la soirée. Kim, installée depuis près d'un an en ville a su me dégoter un contact pour le projet "physio on hand". Ceci ne fut pas une mince affaire puisque la kinésithérapie est une profession naissante dans le pays, avec une seule école qui n'a pas encore enfanté de ses premiers diplômés. Aussi, l'enseignement semble rester très axé sur la médecine traditionnelle par manque d'influence occidentale.

Sol, un kinésithérapeute philippin installé depuis près de dix ans à Oulan Bator aura l'occasion de me présenter la situation dès le lendemain.

Le dimanche, j'arrive à intégrer un groupe pour me rendre près de Terelj, dans le parc national éponyme, non loin de la capitale. Un campement de yourtes propose ici des randonnées à cheval et j'aurai l'occasion de chevaucher quelques heures à travers les mélèzes jaunissant et un paysage qui se perd à l'horizon.

A mon retour c'est une autre amie de Serre chevalier que je retrouve, Sophie, le hasard faisant que nos chemin se croisent juste à ce moment.

Le lendemain Kim m'invite à l'accompagner dans le quartier des yourtes, loin des buildings du centre ville. Kim mène un projet architectural à Oulan Bator. Elle a conceptualisé une yourte à faible impact environnemental tout en respectant l'aspect traditionnel.

Il faut savoir qu'en hiver, la capitale mongole figure en tête de liste des villes les plus polluées du monde loin devant Pékin. Une concentration de particules pouvant atteindre cinq fois la limite considérée dangereuse fixée par l'OMS.

La plupart de cette population provient de la consommation de charbon pour chauffer ces yourtes globalement mal isolées. Outre le coté architecture, Kim a intégré plusieurs aspects de la vie locale à son projet le rendant complet et passionnant. L'occasion aussi pour moi de découvrir ces quartiers peu connus du tourisme et qui pourtant représente deux tiers de la population. Routes non goudronnées, pas d'assainissement, l'approvisionnement en eau potable se fait souvent au travers de puits... Une ambiance totalement différente.

Derniers jours pour moi à la capitale. Je retrouve naturellement quelques voyageurs croisés plus tôt et d'autres à retrouver plus tard. J'attends de prendre le train pour m'orienter vers le sud et entamer une traversée de la chine continentale par la côte Est avant de rejoindre l'Asie du Sud-Est.









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