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Duì (對)

December 1, 2018

Le temps est changeant le jour de mon départ d’Oulan-Bator. Une dépression annoncée devrait apporter avec elle les premiers flocons de l'hiver... nous somme mi-septembre! Déjà la température a chuté et le temps se couvre. Je traverse la ville dans un vent violent qui soulève la poussière. Les yeux me piquent, des grains de sable grincent sous mes dents et le goût de la terre s’immisce dans ma bouche. Aussi les sacs plastiques volent de toute part, emportés dans des contrées lointaines, mais qui ne dérogent rarement à l'impact de l'homme.

J'arrive à la gare un peu en avance pour avoir le temps de déposer mon vélo dans le wagon cargo. Je suis rejoins par Véra, une voyageuse allemande rencontrée à l'auberge et qui fera la route avec moi. Le train couchette n'est pas compartimenté comme souvent en Asie. Proximité garantie, mais il y a de la place pour les bagages, ce qui m'a permis d'économiser en emportant avec moi mes sacoches: le transport de marchandise est au poids.

Nous traversons la Mongolie en direction de la ville de Zaamin Uud, située au sud du pays. Rapidement nous nous retrouvons en pleine steppes, caractéristiques du paysage mongol. Mais la contemplation sera de courte durée, l'horizon étant rapidement englouti dans la pénombre de la nuit tombante.  Nous voilà partis pour une nuit de sommeil au rythme des arrêts réguliers du train.

 

Nous arrivons au petit matin dans la ville frontalière. Après une nuit sous la pluie battante, c'est un vent violent qui nous accueille. Je ne regrette pas d'avoir opter pour les transports en commun dans cette partie. Je suis de toute façon un peu juste sur la durée de validité de mon visa chinois et ne pouvais me permettre de prolonger trop longtemps mon séjour en Mongolie.

Véra me devance pendant que j'attends de pouvoir récupérer ma bicyclette. Finalement nous nous perdrons de vue et je n'aurai pas l'occasion de la revoir. La particularité de cette frontière est qu'il est strictement interdit de la traverser à pied... ou à vélo. Le seul moyen possible est à bord d'un véhicule motorisé. Nous touchons ici le cœur de la stupidité humaine et de l’ineptie. Le transport est donc organisé par une ligne de taxi. Je charge mon vélo à bord du premier venu, n'étant même pas autorisé à remonter la file pour remplir les véhicules progressivement comme les autres piétons. Après plus d'une heure d'attente nous entrons dans la zone frontalière. Je dois décharger mon vélo pour passer le contrôle mongole... après n'avoir parcouru d'une centaine de mètres tout au plus!

Dans le hall c'est la cohue, plusieurs personnes se chargent de faire passer des produits plus ou moins légalement. Et à voir le nombre de tampons sur les passeports, il semblerait qu'ils en fassent leur activité principale.

Après avoir joué des coudes un moment et avoir fait attendre mon chauffeur, nous chargeons de nouveau le vélo pour nous rendre au poste chinois. Ici encore nous n'allons parcourir que quelques centaines de mètres! 

Le coté chinois est déjà beaucoup plus calme. Cette fois c'est moi qui attend mon chauffeur, contrôle et désinfection du véhicule oblige. Nous chargeons de nouveau mon matériel pour une nouvelle centaine de mètres avant de sortir de la zone. Il m'aura fallu m'acquitter de pratiquement la même somme que pour avoir parcouru la moitié du pays du nord au sud en train. Tout ça pour une règle directive prise par un illuminé. Mon chauffeur m'amène cependant jusque la ville où il se rend pour récupérer d'autres passagers.

Je prends ici un bus pour Pékin. J'avais prévu de me faire déposer un peu avant la capitale pour finir à vélo et faire un crochet par la muraille de Chine. Cela s'avère un peu compliqué et surtout me ferait me voir débarquer en plein au milieu de la nuit et au milieu de nul part. Je décide donc de rester dans le bus car le chauffeur autorise les passagers à finir la nuit dans la couchette du bus.

Je pars pour le centre ville aux premières lueurs du jour. Pékin s'éveille tranquillement. La lumière est douce et le ciel est clair. Peu de pollution ces jours ci, poussée par le vent fort présent ici aussi. Je déambule en direction du centre ville appréciant le calme des rues presque vides.

J'atteins le centre ville et rejoins une auberge où je retrouve Xavier et un ami à lui. J'ai rencontré Xavier huit mois plus tôt en Iran, lui est en mode sac à dos. Le hasard fait qu'après avoir parcouru des chemins différents (il a opté pour le sud, le Népal, la Birmanie...) nous nous retrouvons à Pékin. Nous entamons les visites avec la cité interdite et la place Tian an Menh.

Le lendemain je me mets à la recherche d'hôtes sur la capitale. Les auberges sont relativement assez chères et je n'avais pas prévu mon arrivée anticipée. Heureusement Peyman m'accueille dès le jour même. Pékinois d'origine, il a étudié quatre ans en Iran... décidément!! Il a choisi un surnom provenant de ce pays qu'il a tant aimé. La plupart des chinois optent pour un surnom à la mode occidental afin de favoriser les échanges et la compréhension, leur nom étant bien souvent imprononçable pour nous étranger. Je ne compte pas les Jack, Lucy et autre que j'ai pu rencontrer. 

Je dois pour le retrouver traverser une bonne partie de la capitale. Heureusement pratiquement toutes les rues sont pourvues d'un espace réservé aux deux roues. Rouler devient rapidement un jeu dans cette cohue. Je prends rapidement de la vitesse dépassant la plupart des vélos. Mais comme dans l'océan, il y a toujours un poisson plus gros, et ici l'espace est partagé avec les scooters presque uniquement électriques. Si c'est une véritable aubaine pour les oreilles, le problème est qu'on ne les entend pas venir. A la mi parcours je me fais dépasser d'un peu trop près, le chauffeur ayant probablement mal anticipé l'encombrement de mes sacoches. Il me bouscule et dans mon élan je percute la plate bande centrale. Ma roue se bloque dans la barrière, je fais un vol plané par dessus et roule sur plusieurs mètres sur la voie des voitures. Heureusement aucun véhicule à ce moment. Le temps de retrouver mes esprits le scooter a naturellement disparu. Aucun dégât corporel par chance, mais mon porte bagage avant est hors d'usage. Brisé en trois morceaux, les points de fixations ont eux aussi pas survécus au choc. Il est irréparable. Je fini donc avec les sacoches accrochées au guidon, à vitesse réduite.

Je profite du dimanche pour faire un tour dans un parc avec Peyman puis au temple du ciel où je retrouve Xavier. Le temple majestueux bâti en honneur à l'empereur, qui faisait le lien entre les esprits et les humains. Nous sommes rejoins par d'autres français, expatriés à Pékin, que Xavier connait... d'amis d'amis... Un truc du genre est désormais classique en voyage. 

Camille nous invite à une virée de groupe qu'elle organise à la grande muraille de Chine. Cette merveille du monde ne s'est imposée dans mon programme que tardivement. Un peu honteux, je découvre ce paysage que nos amis nous font découvrir gratuitement par leur connaissance du lieu très peu touristique. Nous assistons au couché de soleil à l'heure de l'apéro... et oui on est français !

1/13

Je passe deux jours à tenter de réparer mon vélo, sans succès. Malheureusement je peine à me faire comprendre et rouler de toute part dans pékin est vite frustrant et décourageant. Si quelques échoppes m'ont ouvert la porte chaleureusement, l'accueil s'est montré beaucoup plus froid une fois assimilé qu'ils ne pouvaient rien pour moi. La solution qui s'impose est de bricoler en attendant de pouvoir le réparer plus sérieusement.Je fini par attacher mes sacoches directement sur ma fourche.

Je change d’hôte, Josh cette fois, qui m'accueille dans son appartement situé au vingt neuvième étage près du quartier des affaires. Vue garantie. Je profite de mon temps libre pour me mettre à jour sur différents réseaux sociaux comme je peux. Il faut savoir que les principaux réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram, Whatapps... sont prohibés en Chine. Tout est condensé dans un seul et unique, l'incontournable Wechat. Avec celui-ci tout est possible (et surtout contrôlable). Les achats s'opèrent via cette application, même pour prendre le métro ou pour acheter quelques fruits au marché, générant une dépendance au smartphone et une hantise de la batterie vide. 

Le vendredi je rencontre  l'équipe kiné d'une clinique pékinoise avec qui j'avais pris rendez vous quelques semaines auparavant. L'équipe est très hétéroclite concernant les origines de ses membres. Sheilagh, chef de service est écossaise, Stéphanie et Raphaël sont français, Udi est indonésienne, Jako est sud-africain. Même si leur pratique est exclusivement occidentale, tout comme leur patientèle, cela me permet d'avoir une première approche du métier en Chine. En effet le statut de kinésithérapeute n'est officiellement pas reconnu dans le pays et la plupart des thérapeutes étrangers doivent s'arranger avec les directives pour pouvoir pratiquer ici. Ceci explique aussi pourquoi mes recherches sont difficiles et peu fructueuses.

 

Je profite de mes dernières journée pour clôturer les visites des incontournables de la ville de Pékin. Je me rends au fameux palais d'été construit par l'impératrice Cixi au cours du XXème siècle, et situé en périphérie de la ville. Alors que je regarde la carte (enfin mon GPS) pour repérer l'entrée, je suis abordé par Maya, israélienne. Elle aussi cherche l'entrée et nous décidons de poursuivre la visite ensemble. On me demande souvent si ce n'est pas trop dur d'être seul en voyage... force est de constater que je ne suis que rarement seul. Les voyageurs solitaires attire la curiosité des locaux, et la sociabilité d'autres voyageurs. Ainsi des rencontres éphémères le temps d'un visite, d'un repas, est monnaie courante dans mon périple.

1/7

 

 

Je dépose mon vélo à la gare après avoir traversé une nouvelle fois la capitale. Je ne pourrais globalement pas me plaindre de la circulation en Chine, même dans les agglomérations (si ce n'est des scooters).

Je peine à trouver l'entrée, exclusivement piétonne, les officiers plus disposés à prendre des photos que de m'aider. Je récupère mon billet de train au guichet et tente de me renseigner pour savoir où déposer mon vélo. L'employée me rétorque qu'elle n'est là que pour vendre des billets et qu'elle ne dispose donc d'aucune information sur le transport de fret. Au bureau d'information c'est la même réponse... un comble! Je trouve finalement une bonne âme qui m'explique que cela se trouve dans une branche différente qu'il me faut rejoindre à vélo. Le contrôle de mon vélo est beaucoup plus sommaire que dans le Xinjiang, et je peux laisser essence, couteaux... ce qui n'est pas commun dans le pays, la plupart des cyclotouristes devant jouer de ruses pour conserver leur précieuse lame. 

Je retrouve ensuite Benjamin. Ami d'ami, j'ai déjà eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises. Ben est expatrié en Chine depuis plusieurs années où il travaille dans l'importation du vin, français naturellement. Avec sa copine ils m'invitent à déguster un canard laqué, incontournable à Pékin. Le tout accompagné d'un coup de rouge de son importation! Puis nous partons à la découverte de la nightlife de la capitale avant que je ne me dirige vers le sud du pays le lendemain matin.

 

Mon budget ne me permettant pas d'opter pour le train à grande vitesse, j'ai donc opté pour le train interrégional. Celui qui s’arrête dans toutes les villes. J'ai donc décidé de profiter du samedi soir comme il se doit afin de rejoindre la gare directement après la sortie de la boite de nuit, mon train partant relativement tôt (8h) le matin. Ainsi je peux profiter de dormir le plus possible pour ce trajet qui s'annonce légèrement long: 28h au total, sans changement. Malheureusement Il ne me sera pas si aisé de fermer l’œil, les chinois ne sont pas des plus discrets. Je passe donc le temps entre lecture et visionnage de film, entrecoupés quand même de