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ฝรั่ง (Farang)

May 3, 2019

27 janvier 2019, j’atterris à Genève à la surprise générale. Enfin pas tout à fait, il a quand même fallu mettre quelques personnes dans la confidence, notamment Manu et Pauline chez qui je vais passer les quinze premiers jours de mon excursion française, à Chamonix où ils habitent. La réadaptation à la vie confortable de la France est rapide. Je redécouvre la facilité et le confort occidental : l'eau potable au robinet et le plaisir de tourner le mélangeur pour avoir de l'eau chaude pour se laver! Pas le temps de lésiner je suis directement mis dans le bain avec une sortie en vallée blanche (à ski) dès le lendemain de mon arrivée. J'ai quitté Bangkok la veille après plusieurs mois dans une atmosphère tropicale, l'effet est saisissant lorsque la porte de la benne de l'aiguille du midi s'ouvre à 3800m d'altitude dans un froid mordant...

Un peu de ski, du repos, du fromage, du vin, du chocolat... la vie est simple et douce dans nos contrées, ou pour la plupart d'entre nous. Certainement moins pour ceux qui continuent de se réunir sur les ronds points vêtus de leur gilet jaune. Je fais un crochet par Grenoble pour une formation kiné Mckenzie (eh oui à chacun ses priorités...) où je suis hébergé par mes mentors dans ce voyage, Olivier et Nadège (www.enrouteavecaile.com). Je passe par Aix les bains afin de faire la surprise à mon frère et ma belle sœur. Ils attendent leur premier enfant, qui devrait arriver incessamment sous peu, raison première de mon retour. Puis direction Briançon pour un arrêt express avant de me diriger vers Montpellier où a lieu un congrès national de la kinésithérapie. Je suis convié à présenter mon projet « physio on hand ».

Puis il est l'heure de me « poser » un peu dans mes alpes natales, profiter de la joie du ski et attendre que l'heureux événement de la famille arrive. Du repos encore, du ski encore, du vin encore, et du fromage encore... il en faut peu pour être heureux !

Après la naissance de mon petit neveu Noah et la célébration de mon anniversaire, le 26 ème je crois (oui il paraît que le voyage fait rajeunir, c'est comme ça, soyez pas jaloux !) il est temps de me diriger vers Genève déjà...

La pause dans ce voyage n'était pas indispensable, mais il fut bon de revoir mes proches, ma famille, mes amis et mes racines en général. Elle m'a été bénéfique... enfin je crois.

Je fais un léger détour par Ho Chi Minh où j'avais pris rendez vous lors de mon dernier passage. La kinésithérapie est en plein essor au Vietnam, avec la création de l'association nationale qui permet une certaine reconnaissance en attendant d'ouvrir les portes de l'international. Je réalise une conférence sur la méthode Mckenzie pour un groupe d'étudiant de l'université pendant que deux autres kinés français fraîchement installés pour un club de foot la capitale (Hanoï) interviennent sur la kinésithérapie dans le sport. S'en suit un rassemblement de plus de 400 étudiants, mais les interventions qui s'enchaînent étant en vietnamien, j'écourte ma présence.

Je prends un autre avion pour Bangkok, où je suis vite remis dans le bain. L'aéroport est blindé d'une masse de touristes de tous bords. En première ligne... les français, facilement reconnaissables généralement. Les uns sont refoulés à la douane par manque de formulaire et errent hagard dans le hall, perdus dans la paperasse d'une destination (probablement la première) qu'ils ont choisi pour sa soit-distante facilité. Un autre peste contre l'officier qui lui demande de compléter son formulaire, le tout en français et en criant ce qui est définitivement à éviter en Asie où la diplomatie souriante est de rigueur pour débloquer la situation. Un proverbe dit : lorsque le sourire s'efface, le couteau n'est pas loin. Qu'on ne s'y méprenne pas, je ne leur porte aucun jugement, j'ai moi aussi déchanté lors de mon premier voyage en Amérique du sud devant les douanes, la police... ce qui nous paraît désormais abstrait dans notre espace Schengen élargi. Et quand on connait la politique du Chili, ce ne sont pas les plus tendres. Un exemple banal: interdiction de faire rentrer toute substance végétale et animale, mort ou vivant. Un opinel pourrait se voir détruit...

Je joue de ma connaissance des lieux pour prendre un train (hautement plus économique) en direction du centre ville. J'arrive au spinning bear hostel où j'avais laissé ma monture quelques semaines plus tôt. Mon vélo n'a pas bougé et semble ravi de me voir (mais si!). Moi je ne sais pas trop encore, le retour n'est pas évident quelque part. J'ai le vague sentiment d'avoir un peu perdu les pédales, un comble ! La pause française me semble déjà loin et en même temps je ne me sens plus dans la dynamique de mon voyage. Il va falloir que je me remettre dans le bain, en espérant que ce ne sera pas la douche froide. Peu probable ceci-dit, vue la chaleur extérieure.

 

 

Mais il est temps pour moi de reprendre la route, pas le temps de tergiverser, j'ai rendez vous de l'autre coté de Bangkok. Juste le temps de refaire une beauté à ma Cattin (c'est la marque de mon vélo!) et surtout quelques réparations de routines.

Au jour du départ la chaleur est étouffante, j'ai à peine fini d'équiper ma monture que je sue déjà à grosse gouttes et nécessite une pause avant de prendre la route. Je prévois de contourner la ville par le sud afin d'éviter un maximum le trafic de la capitale. Mais je n'y coupe pas à outre mesure et c'est peu de le dire. Le trafic est dense en plus d'être désordonné. J'en suis presque à regretter la circulation incroyable des scooters du Vietnam. Au moins la vitesse réduite me permet de me faire une place dans le trafic. De plus la majorité des véhicules en Thaïlande sont des voitures, avec à bord uniquement le conducteur naturellement. La question de l'évolution de la situation se pose inexorablement, tout comme je me la suis posé durant mon retour en France. Il semblerait que peu de personnes ait encore vraiment conscience de la facilité de mobilité que nous procure notre parc automobile. L'avenir incertain de l'utilisation des ressource fossile doit nous amener à repenser notre mode de fonctionnement dans son intégralité afin de minimiser nos déplacements à venir. De même pour l’électricité, il semble désormais impossible de faire marche arrière sur la consommation. En chauffage chez nous, en ventilation et climatisation ici... que je recherche inlassablement à la moindre pause pour me rafraîchir...

J'atteins le sud de la ville et embarque sur un ferry pour traverser le fleuve Chao Phraya qui traverse la capitale. Je poursuis à travers des marais peuplés d'une multitude d'oiseaux, comme je n'ai rarement eu l'occasion de voir durant mon voyage. J'arrive en fin de journée chez mes hôtes. It et Fawn sont... kinésithérapeutes !! It travaille dans un hôpital et Fawn dans leur cabinet tout neuf qu'ils viennent de construire. It fait aussi des consultations le soir en rentrant de sa journée. Je retrouve l'accueil bienveillant des gens qui ont peuplé mon voyage. A la chose près que le sujet de conversation porte plus sur notre profession, que sur mon voyage ou la culture locale comme d'habitude.

Le lendemain je me dirige à l'université de Mahidol où j'étais déjà passé avant de revenir en France. J'enregistre l'interview dans le cadre de mon projet et déjeune avec l'équipe.

Puis il est temps de dire au revoir à mes hôtes et de me diriger vers le sud. Il me reste encore une bonne portion avant de quitter la route principale qui mène au sud du pays. La circulation est dense, couplée à la chaleur, les kilomètres sont pénibles et je décide d'écourter ma journée. Je ressens le besoin de reprendre progressivement et rien ne me presse.

Du coup je dors dans une ville à la sortie de Bangkok après une soixantaine de kilomètres compliqués. La reprise ne se fait pas dans les meilleures conditions. D'autant que je peine toujours à me remettre dans le rythme de mon voyage.

Mais je sais (ou au moins je l'espère) au fond de moi que cela n'est que transitoire. Les moments de doute sont fréquents, et ceux-ci me paraissent logique dans le sens qu'ils peuvent intervenir à tous moments pour tout le monde. Je profite de mon après midi de libre pour visiter les environs avec notamment un curieux marché qui s’étend le long de la voie ferrée, toujours exploitée!

Je repars le lendemain matin. Il me reste dix kilomètres à parcourir sur la route principale avant de pouvoir enfin bifurquer sur une route secondaire qui longe la côte. Je longe et traverse des fleuves, des bras de mer, je retrouve des paysages plus aquatiques dans les effluves des poissons qui sèchent sur le bord de la route.

1/4

Rapidement je ne suis plus l'anonyme que je fus sur la route depuis Bangkok, celui qui gène la circulation. Le farang en thaï comme le titre du post. L'étranger, l'homme blanc, celui dont on sait qu'il ne provient pas de la région. La vie va bon train sur les bords de la route et mon passage attire de nouveaux l'attention des locaux. Mais plus encore, il provoque leurs salutations mais surtout leurs sourires. Il y a pas mal de check-point avec la présence de la police et une sorte de sécurité civile. Jusque là ignoré à leur passage, je suis désormais souvent salué voire convié à remplir mes bidons d'eau fraîche. La garantie de la réussite d'un voyage se joue pour moi hors des chemins battus inéluctablement. Au moment de repartir, je jette un coup d’œil à la carte sur mon téléphone. Un des officiers pensant à une photo souvenir s'empresse d’aligner ses confrères en rang d'oignons, je n'ai plus d'autres choix que d'immortaliser ce moment.

Je poursuis sur la route qui traverse les marais salants de la région. Chaque étendue a sa propre évolution, certaines proches de la récolte ont une eau rougeoyante. Dans les parcelles asséchées c'est le branle bas de combat, avec une petites fourmilière de travailleurs qui ramasse le sel.

1/8

Je m'installe à une terrasse qui bénéfice de la brise, désormais soutenue, pour manger un bout. Je retrouve la « joie » de commander à quelqu'un qui ne parle pas un mot d'anglais, à base de signes et de traductions souvent aléatoires du téléphone. Jusqu'au moment du verdict quand l'assiette arrive... mais je ne me suis pas trop mal débrouillé pour cette fois. Je laisse passer les heures chaudes et me remets en route en fin d'après midi. Le vent est désormais plutôt fort et ralenti ma progression. Il permet néanmoins de relativement me rafraîchir un peu. Je trouve un endroit où camper une vingtaine de kilomètres plus loin. J'observe des traces d'un vélo seul sur le sable d'une plage isolée. Un voyageur à vélo est passé par là, probablement la veille. Ce spot pour camper m'a quelque peu sauté aux yeux lorsque j'étudiais la carte. Je ne suis qu'à moitié surpris de voir qu'un cyclo-voyageur en a profité aussi. En Ouzbékistan, alors que je voyageais avec Charles, il nous était arrivé la même chose : des traces de passages antérieurs en plein au milieu du désert. Mais réflexion faite, c'était aussi un des rares endroits propices pour camper à des kilomètres à la ronde. Je dors à la belle étoile sur le sable, avec le vélo recouvert d'une bâche qui me sert de paravent. Dans la nuit je suis réveillé par les moustiques qui profitent d'une accalmie pour me dévorer.

Le lendemain j'atteins rapidement Hua Hin, ville côtière et touristique où j'ai trouvé une chambre chez l'habitant malgré ce week-end chargé. En effet nous célébrons Songkran, le nouvel an Bouddhiste. Et il est coutume de se jeter de l'eau pour l'occasion d’où son surnom : le festival de l'eau. Je suis rapidement aspergé de droite et de gauche! Je passe là deux jours à visiter et me reposer. Matt un malaisien rencontré sur place a loué un scooter ce qui nous permet d'arpenter les environs  et de découvrir la vie locale notamment aux premières lueurs du jour. Ici la journée commence tôt et ralenti sur les coups de midi lorsque la chaleur atteint les 40°C. Il faut se lever de bonne heure!

Puis départ pour le sud, je suis une route côtière. Les plages sont idylliques et le littoral préservé. Il faut dire qu'il semblerait qu'on n'ait pas non plus affaire à la même clientèle. Mais l'avantage est qu'il n'y a pas de building. Ma pause à Hua Hin m'a été bénéfique, je reprends rapidement vite goût à être sur la route et cette journée restera une des plus belles de mon passage en Thaïlande. Le soir venu je campe sur une plage. La chaleur est cependant toujours étouffante et ma tente fait sauna, impossible de fermer l’œil. Je préfère la compagnie des insectes dehors, pour trouver un peu de sommeil que tard dans la nuit.

La journée suivante je roule plus en retrait de la côte. Je traverse un parc national et ses concrétions karstiques qui me rappellent un peu le Vietnam. Sur la route, de nombreux singes me regardent passer et je me dis que même eux semblent surpris de me voir ici avec mon vélo chargé. Je ne fais pas parti des énergumènes qu'ils ont l'habitude de voir.  

J'arrive ensuite à Kiri Khan. Je suis hébergé par Cédric, un suisse