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Jom

June 26, 2019

Je quitte Narrathiwat, dernière ville thaïlandaise où Joe m'accueille dans sa famille. Je me dirige vers la Malaisie et longe la côte jusque la frontière. Il est généralement conseillé de faire un crochet pour un poste frontière international situé à une trentaine de kilomètres. Mais à Takbaï où je me trouve, il y un bac permettant de traverser le fleuve Golok qui marque la séparation entre les deux pays. Le poste frontière semble tout à fait capable de m'octroyer le droit de séjour. J'opte donc pour l'économie d’énergie. J'attends un moment le ferry, je suis arrivé à la pause déjeuner...

Une traversée pour même pas 20 cents et me voilà dans un nouveau pays. Pas de douane (ou du moins pas pour moi), pas de contrôle : un coup de tampon et c'est reparti.

Je poursuis le long de la côte malaisienne pour arriver à Kota Bahru, capitale de la province à une vingtaine de kilomètres. Je passe une première nuit en auberge, puis je rejoins Matt qui m'accueille dans sa famille. Matt est le malaisien que j'avais rencontré quelques semaines plus tôt à Hua Hin en Thaïlande. Il vit à Kuala Lumpur mais il est revenu pour le weekend célébrer en famille le début du ramadan. Nous passons une première journée à visiter les environs, notamment la côte qui n'a rien à envier à son homologue thaïlandaise (les petits points blancs c'est du plastique).

Puis c'est le début du ramadan. Je me lève avant l'aube pour partager « Sahul » avec la famille qui est presque au complet (Matt a sept frères et sœurs...). Visite en ville et visite du bazar ramadan: immense marché de nourriture. Oui parce que pendant le ramadan on jeûne la journée, mais le soir on se rattrape un peu j'ai l'impression.

Fort de cette initiation, je m'en retourne à mes élucubrations cyclopédique. Plus de jeun pour moi (les voyageurs en sont exemptés!) mais mieux vaut être prévoyant car il est impensable de trouver un restaurant ouvert avant minimum quinze heure (pour les plats à emporter). La communauté est ici musulmane (95%) et très pratiquante, voire conservatrice.

Je pique nique donc à l’abri des regards indiscrets. Par respect principalement, mais pour éviter aussi de me mettre dans une situation délicate. Chose qui ne m'avait pas même traversé l'esprit alors que je traversais l'Ouzbékistan pendant le mois de Ramadan l'année précédente.

La côte malaisienne est tout aussi surprenante qu'en Thaïlande, avec de belles plages de sable blanc qui s'étendent à l'infinie, bordée de cocotiers et de rizière un peu plus à l'intérieur du pays. J'y évolue avec un plaisir certain, malgré la chaleur qui m'impose une avancée à un rythme réduit. 

1/5

J'arrive en fin de journée dans une petite bourgade de pécheur. Je fais le plein de victuailles au bazar Ramadan avant de me mettre à la recherche d'un endroit où camper pour la nuit. Une chape de nuages noirs, annonciateurs d'orage, me surplombe. Mais à l'horizon le soleil fait une percé qui illumine ces monstres de pluie dans une atmosphère inimaginable.

 

Je campe en bord de mer. Toujours non sans difficulté par les températures qui peinent à descendre en dessous de 28°C la nuit. Après une petite pluie matinale je prolonge jusque Terrenganu. Une famille m’accueille via les réseaux sociaux. Le contact n'est pas au beau fixe. Cela arrive assez peu dans mes rencontres mais pour le coup il n'y a pas l'étincelle que j'ai d'habitude. Ce qui est assez regrettable puisque leur fils de trois ans souffre apparemment d'infirmité motrice cérébrale et semble nécessiter des soins de kinésithérapie des plus urgents. Mais je peine à les convaincre, me butant à un manque de confiance apparent dans la médecine. Je repartirai avec une certaine frustration mêlé à de la déception. 

Je coupe désormais plein ouest et m'insère dans les terres. Je vise le lac Kenyir, le plus grand réservoir construit par l'homme en Asie du sud-est. Sur mon passage je longe une immense décharge à ciel ouvert, où s'entassent des déchets dont on ne sait quoi faire dans une odeur pestilentielle. Toute l’Asie est un immense consommateur de plastique sans aucune conscience environnementale malheureusement. Un repas au marché « bazar ramadan » se solde par une dizaine de sac plastique et pas moyen d'y couper puisque pré-emballé à l'avance. Au marché les fruits et légumes sont pré-pesés et pré-emballés, difficile d'éviter le plastique dans ces contrées. La faute à qui? L'occident reste un des premiers responsables assurément. Des articles récents ont aussi dénoncé l'envoie de container de déchets des pays européens et nord américains dans les pays asiatiques et il y a une petite chance d'en retrouver juste à mes pieds actuellement.

Le lac Kenyir est une autre déception à mon arrivée, car les alentours du barrage ont été piteusement aménagés sans aucun charme. Mais après quelques kilomètres j'atteins la jungle tout en longeant le lac qui prend des allures naturelles. La circulation est très peu dense. Je vis des instants magiques proche de la jungle comme pouvait la décrire Mike Horn dans son livre latitude 0. 

Bon, je circule aisément sur une route asphaltée et non pas à la machette comme l'auteur aventurier. Mais n'ayant pas beaucoup de circulation je peux profiter du cadre atypique. Les singes qui détallent à mon passage, les sifflements des insectes. Les bruits de la jungle. J'aurais même l'occasion d'assister à un arbre qui s’effondre spontanément au loin, dans un fracas gigantesque instaurant un silence pesant pendant quelques secondes.

Les températures ne m'épargnent toujours pas et contrairement à la côte, je n'ai plus le petit vent laminaire qui pouvait tempérer au risque de me ralentir.

Je trouve un point d'eau assez régulièrement ce qui m'inquiétait puisque ma consommation est assez importante. En fin de journée, mon GPS m'indique littéralement un «coin furtif pour camper». Cela provient d'un voyageur y ayant passé la nuit. Il faut savoir que j'utilise l'application Maps.me sur smartphone qui est une carte participative que chacun peut modifier sous réserve de quelques vérifications.

Et effectivement l'endroit est parfait... mais déjà occupé. Très certainement par des pêcheurs locaux. Le lieu est déserté à cette heure de la journée, je ne peux m'incruster. Parallèlement je ne peux pas me permettre d'attendre la tombée de la nuit et risquer de me voir refuser l'accès, chose qui ne serait probablement pas arrivé, mais dans le doute...

Finalement je trouve un grand pont un peu plus loin et décide d'y établir mon campement pour la nuit. Ma première nuit sous un pont. Mais bon le cadre est idyllique et j'ai aussi quelques pécheurs comme voisins. L'eau est chaude, la baignade pas si rafraîchissante. Heureusement les températures décroissent à la tombée de la nuit.

Au matin je joue des prolongations et reprends la route un peu tardivement. Je roule jusque quitter le lac. J'arrive dans une zone que j'ai surnommé la zone d’expansion. D'expansion de quoi ? De la culture d'huile de palme. La Malaisie est deuxième pays producteur mondial. Une véritable source de revenu pour l'économie locale et nationale... et un véritable fléau environnemental. La déforestation y est massive. La jungle naturelle laisse place aux plantations qui se poursuivent désormais sur des milliers de kilomètres carrés, des palmiers à perte de vue qui stérilisent la terre. Plus de bruit... car plus de vie.

Le paysage est vraiment attristant... et culpabilisant, quand on connait ma consommation de Nutella et autre biscuit durant mon adolescence.

Je retrouve une route principale pour quelques kilomètres qui me permet de refaire le plein d'eau. Mais je la quitte volontiers très rapidement. Les conducteurs sont peu respectueux et roulent à des allures folles sur ce genre d'axe peu surveillé. Je trouve donc une route secondaire toujours bordée de palmiers, où le silence règne et seules quelques vaches s'effraient de mon passage.

Arrivée à Gua musang, où je passe la nuit en auberge faute de trouver où camper et manger. La journée suivante se résume en un enchaînement de côtes et de descentes qui viennent accroître la fatigue accumulée par les kilomètres enchaînés sans repos depuis Kota Bahru. Je trouve une aire de camping au milieu de cet étendue végétale stérile. Il s'agit au final d'une "école" islamique où l'on ne me laisse pas le choix que de prendre un lit dans un dortoir vide et délabré, non sans que l'on se soit enquis de ma religion « par curiosité ». Si je suis accueilli avec tout le respect qu'il se doit, il ne fait aucun doute que l'accueil aurait été différent si j'avais été musulman. J'ai pourtant traversé de nombreux pays musulmans, mais aucuns ne me sont apparus aussi conservateurs que dans ces contrées de la Malaisie. Au réveil je ne croise personne et impossible de trouver quelque chose à avaler. J'ai sous estimé cette portion relativement inhabitée de la Malaisie. Il m'a été difficile ces derniers jours de trouver à manger à cause du Ramadan. J'atteins après plusieurs heures d'ascensions les célèbres Cameron Highlands. Les dix derniers kilomètres sont extrêmement raides, l'altitude atteignant ici plus de 1400m de dénivelés. Je suis définitivement achevé, en plus d'être à jeun depuis le matin. Les délicieuses effluves de coriandre fraîche émanant des camions qui me dépassent ne m'aide pas à oublier ma faim.

Les premiers abords de la région ne sont pas très accueillants, que des serres et du plastique qui traîne partout. Les Camerons Highlands sont une ancienne exploitations de l'empire britannique pour la production de thé. On y produit maintenant des légumes et des fleurs en grande quantité qui sont disséminés au travers de la Malaisie et Singapour.

Ici c'est Troji qui m'accueille. Chinois malaisien, il est originaire de la région et est venu se réinstaller après avoir parcouru un peu le monde. Il a monté une auberge qu'il gère en plus de son implication dans les plantations de fleurs familiales. Troji me propose de m’héberger gratuitement dans son auberge, en contre partie je donne un coup de main pour les fleurs et la tenue de l'auberge. Pas moins de six mille fleurs par jour, principalement des gerberas, grosses fleurs à tige sans feuilles. Chaque fleur est encapuchonnée dans une coupole en plastique rigide pour ne pas l’abîmer, puis empaquetée en bouquet de dix avec un élastique, filmées, et scotchées... Je n'ai pas vraiment participé à sauver la planète ici!

En dehors de l'aspect écologique, l'auberge de Troji est un petit havre de paix. Située loin des endroits touristiques, au milieu des plantations, c'est un endroit bien aménagé et au design atypique dans lequel il est bon de prendre un peu de repos. J'irai tout de même deux jours à la petite ville de Tanah rata, beaucoup plus touristique mais qui donne accès aux plantations de thé et principales randonnées à faire dans la région. La première journée je fais une balade avec Mae, rencontrée chez Troji, dans les incontournables plantations de Boh. Nous favorisons la marche malgré l'accessibilité en transport et il est plaisant de déambuler au milieu des plantations de thé. Je fais la découverte que la plante de thé n'est naturellement pas le buisson que nous avons l'habitude de voir et que sa grandeur provient de la taille régulière. Dans son état naturel, le thé est un véritable arbre, et son tronc peut facilement atteindre plus de vingt centimètre de diamètre. Nous atteignons le point de vue final, qui offre une vue imprenable sur les plantations. 

Le lendemain je remet ça sur un sentier qui mène à d'autres plantations de thé. La première partie de la randonnée est en pleine forêt tropicale. Je progresse sur un sentier aléatoire, au gré des racines glissantes et de la végétation assez dense. J'atteins ensuite un éperon et dois suivre la ligne électrique sur un chemin offrant beaucoup moins d’intérêt.

Puis j'atteins un petit village authentique et pittoresque qui borde les plantations. Je me retrouve une fois de plus dans ces ondulations de verdure atypique mais au relief reposant.