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Jam Karet

December 16, 2019

Me voilà rendu à Labuhan Bajo à l’extrême Ouest de l'île de Flores, toujours sur les petites îles de la Sonde Orientale. Je suis en ville pour prolonger une dernière fois mon visa indonésien. Labuhan Bajo est une ville relativement touristique et chère naturellement. Elle est le point de départ pour aller à la célèbre île de Komodo et où résident les dragons éponymes. Je me passerai de l'excursion onéreuse pour voir un gros lézard appâté par les locaux avec de la nourriture pour permettre aux dizaines (centaines?) de touristes quotidiens de les photographier. C'est avec une pointe de regret mais ce sont des choix que j'ai fait, et le fait d'avoir (encore) égaré ma carte bancaire m'encourage à garder mon argent.

Je profite de l'auberge et de la multitude de voyageurs quelle draine. Je rencontre Arthur avec qui je pars une journée explorer les alentours, dont la fascinante grotte de Rangko, qui accueille la lumière du jour par la petite entrée en son sommet et dont le fond est rempli d'eau de mer par résurgence. Nous nous rendons aussi à une cascade. Dans un premier temps rebuté à l'idée de devoir payer un jeune guide local, Tobi fini par nous inviter le plus naturellement du monde chez lui et nous offre le café. Je converse avec le père avec les bases de Bahasa que j'ai accumulé au fil de ces derniers mois. Charmés par l'attitude de notre hôte nous décidons de nous laisser conduire à la cascade. Tobi nous explique en chemin de quoi vit son village, de la cueillette principalement et d'un peu d'agriculture. Il nous présente son bœuf qui est indispensable à tous jeunes du village pour un future mariage à venir.

Mon visa en poche je prends la route vers l'Est. Flores est relativement montagneuse et sa traversée s'annonce difficile. Je commence par une belle ascension qui me mène à près de 1300m d'altitude, pour me retrouver de nouveau au niveau de la mer en fin de journée. Ce sera mon lot presque quotidien pendant les prochaines étapes.

 

Dans la descente je perçois du jeu dans ce que je pense être mon pédalier. La dernière fois que j'ai eu ces même symptômes, cela s'est résolu par le changement complet de mon pédalier. Mais ce dernier est en bon état, inutile de préciser que le premier réparateur de vélo est à plusieurs jours de voyage. Le problème vient de ma roue arrière, fixée sur un système à glissement pour gérer la tension de ma chaîne qui s'est desserré. Je ressert brièvement avant de trouver un mécano en bas de la descente pour des réparations plus pérennes. L'occasion aussi de me faire payer le café.

La chaleur est au rendez vous. J'avance difficilement malgré le terrain un peu plus plat. Le temps commence à être menaçant. La saison des pluies ne saurait tarder et le temps est souvent menaçant en fin de journée dans cette région montagneuse. Je m’arrête près un canal et demande où camper aux jeunes du coin. Comme souvent, ils ouvrent des yeux ronds en me disant que c'est impossible. Mais finalement l'un d'eux m'invite chez lui qui semble le repère de la bande. Le deal étant scellé, je me jette à l'eau parmi les enfants euphoriques qui n'attendaient que cela.

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Nous nous dirigeons ensuite chez mon hôte dont je ne sais malheureusement me rappeler le nom.

Il me convie à aller visiter les plantations de riz sous forme de toile d'araignée, typiques dans la région. Si je pensais que cela avait une raison d'irrigation il semblerait que ce soit pour la symbolique de l'union des familles.

 

A notre retour nous attendons que la mère rentre des champs pour partager le repas. C'est avec surprise et joie qu'elle découvre un « bule » chez elle, n'hésitant pas à me prendre dans ses bras et à m'accueillir chaleureusement. Le confort est minime pour cette famille modeste, pas d'eau courante, quatre murs en brique brut et un toit de tôle. Je dors dans le salon composé sur un lit et de quatre chaises en plastique.

Je reprends la route le matin alors que mes jeunes hôtes se dirige vers l'école pour l'un, le lycée pour l'autre. La montée est difficile, hachée de descentes qui décuplent les dénivelés positifs journaliers. Le temps devient de plus en plus menaçant et je sais par d'autres voyageurs qu'il pleut généralement en après midi vers la ville où je me dirige. Je redouble d'effort alors que le rideau opaque d'une ondée se dirige sur la ville. J'arrive exténué et fourbu, le déluge s'abat deux minutes plus tard. Je suis rejoins par une bande de voyageurs. Tous voyageurs solitaires, nous nous sommes rencontrés à l'auberge de LBJ et eux ont loué des scooters pour faire le même périple. Étant parti avec une journée d'avance, j'arrive donc en même temps eux. Je me greffe à eux le lendemain pour explorer les environs de la ville à moto, notamment la grotte où a été découvert homo florensis en 2003. Puis une cascade dont nous ne trouvons pas l'entrée et y arrivons par le haut. Cela nous offre un point de vue différent mais tout aussi intéressant.

 

 

A la sortie de Ruteng je retrouve une belle montée avant de pouvoir apprécier une longue et belle descente jusque la côte.

Je mange un bout et reprends la route mais la chaleur est bien trop accablante. Je m’arrête à l'ombre et vite rejoins par un jeune couple de passage. Leur village se situe en haut de la côte et j'en profite pour me faire aider dans la montée, le scooter derrière moi, le conducteur jambe tendue et le pied sur mon vélo me pousse jusque le sommet. Une technique bien locale. Quelques photos souvenirs avant que je m'en aille trouver un endroit où passer la nuit.

 

Je rejoins la côte une nouvelle fois. Alors que je regarde mon GPS pour évaluer un lieu propice au campement, deux ados s'arrêtent à ma hauteur. L'un d'eux parle très bien anglais et m'invite chez lui avec insistance. Je suis assez surpris car les ados font preuve d'une certaine immaturité depuis mon départ de Labuhan Bajo. M'apostrophant dans leur langue, hilares, ou se contentant du peu qu'ils savent d'anglais qui se termine généralement par un « fuck you » sans que je ne sache s'il ont conscience de sa signification. Mais Kaks semble ravi de me rencontrer et « très honoré !» si j'acceptais de passer la nuit chez sa famille. Du haut de ses quinze ans il fait preuve d'une maturité surprenante. Malheureusement située en hauteur je n'ai pas le courage de rebrousser chemin pour passer la nuit dans la maison familiale. Ils m’accompagnent donc à la plage, m'aident à monter la tente, prendre une douche au puits du village. Kaks me conduit au restaurant pendant que ses amis gardent mon campement. Il ne semble pas peu fier d'avoir un bule derrière lui, ralentissant devant les échoppes, le buste droit et la tête haute, à tel point que je dois réajuster la frontale que je lui ai prêté pour nous éclairer sur sa mobylette sans phare...

 

Après un déjeuner rapide j'attaque une longue et régulière montée pour Bajawa. Depuis le niveau de la mer, je dois me retrouver à près de 1400m d'altitude de nouveau. Flores se résume par un enchaînement de montées et descentes. Celle ci est beaucoup moins éprouvante que les précédentes. Je trouve mon rythme sur cette pente douce et régulière. Le temps est au beau fixe et la vue imprenable sur la volcan Inerie, dont le cône régulier dominant le paysage me fait oublier l'effort.