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Kia ora!

May 14, 2020

Je débute donc mon séjour en Nouvelle Zélande à Christchurch, sur l’île du Sud. Après plus d'une année en Asie du Sud-Est, le retour à la civilisation occidentale est assez surprenant. Pas d'animaux qui traversent la route, pas de bruit, tout est calme, presque anxiogène. Il me faut quelques jours pour me réadapter et prendre mes marques dans ce pays si différent de ce que j'ai vécu ces derniers mois. Mais il y a des choses que je n'ai pas perdu. La gentillesse des gens qui sont globalement avenants et aidants. On n'hésite pas à m'aborder dans les espaces publiques ou les magasins quand on perçoit mon accent étranger. Il me faut de mon côté m'adapter à l'accent kiwi parfois difficile à saisir.

Meg et Blair me laissent leur chambre d'ami à disposition pour une durée indéterminée. Ainsi je peux prendre le temps de m'adapter et de me préparer à reprendre le fil de mon aventure. C'est en parcourant la carte de Nouvelle Zélande que je reprends peu à peu la motivation de me remettre en route suite aux événements passés. Je commence donc à ébaucher des plans, à pointer les endroits que je veux parcourir. Petit à petit, du fait de regarder les chemins, les itinéraires, renaissent le goût de la planification ainsi que l'envie de reprendre la route. Je profite de mon séjour à Christchurch pour pécher quelques informations auprès de voyageurs ainsi que pour visiter les environs, à pied ou à vélo.

Rouler en périphérie de Christchurch est un véritable plaisir. Il est aisé de se retrouver rapidement en dehors de la ville et de mettre ses sens en éveil. Beaucoup d'essences émanent de la végétation Néo Zélandaises, odeurs de pins, d'eucalyptus, de cyprès, de foin... Un sens qui n'a pas été sollicité depuis bien longtemps.
Je prends le départ pour le sud. Je suis un moment les routes secondaires qui me mènent à travers la campagne néo zélandaise. Point de moutons ni d'agneaux durant mes premiers kilomètres. Bien des fermes se sont converties aux bétails, beaucoup plus rentables. La chine achète le lait ou produit dérivé et l'ensemble de l'Asie la viande. Il m'a été fréquent de voir les restaurants destinés aux occidentaux afficher l'origine de la viande Australienne ou Néo-Zélandaise. L'occident voyage, mais se garde souvent de manger local. 

Le bétail pâture, les arrosages tournent à plein régime pour fournir une herbe verte et grasse en cette période estivale. Nonobstant les problèmes de traitement des rejets, la Nouvelle Zélande fait face a de nouveaux problèmes écologiques et ne prend pas le chemin de la transition écologique. 

La route se dégrade peu à peu et mon avancé devient difficile. Je décide de rejoindre la route principale, d'autant que j'ai choisi le jour de mon départ pour avoir un vent favorable qui me pousse maintenant et mon compteur affiche une moyenne de 20 kms/h. Le trafic cependant est dense, et je découvre les néo zélandais peu respectueux des distances de sécurité. 

J'atteins Rakaia en début d'après midi pour une pause déjeuner dans un parc où trône une sculpture géante d'un poisson, l'art ne se discute pas... Je vois défiler toute la crème des voyageurs. Les voyageurs solo dont je fais partie. Les groupes de touristes asiatiques qui se prennent tous en photos devant la statue, les cars des jeunes voyageurs qui vident leurs consommations dans un bruit de verre brisé, qui profitent de leur pause pour des jeux, garder le fun du voyage à son apogée. Nombreux sont ces tours opérateurs qui proposent un périple organisé pour jeunes voyageurs. Ambiance garantie.

 

Je reprends la route pour Ashburton. J'arrive à l'heure du thé, celle convenue avec mon hôte, qui ne répond pas à mes messages... Je n'ai pas d'adresse et en profite donc pour troquer le thé par une bière, qui me semble au final plus appropriée en cette première journée sur les routes néo zélandaises.
Amy m'accueille dans son humble maison où elle vit avec sa fille Grace. Nous passons la soirée à papoter. Elle possède un grand jardin avec une serre ainsi qu'un "arbre à papillon". Beaucoup de Kiwis ont ces plantes qui attirent les chenilles et où il est aisé d'assister à la métamorphose en ayant toutes les étapes sous les yeux.

Je reprends la route sous la pluie. Après quelques dizaines de kilomètres je fais une pause pour un café histoire de me réchauffer. J'avais cette habitude en Asie de profiter des petits cafés pour me restaurer et faire une pause. Une habitude qu'il me faudra vite perdre si je veux rester dans mon budget en Nouvelle Zélande. Mais comme souvent dans ce pays, je suis rapidement abordé par Peter qui m'invite à rester une nuit chez lui dans la région de l'Otago si mon itinéraire m'y mène. L'accueil des néo zélandais est au delà de toute espérance.

Je poursuis jusque Timaru, toujours sur la route principale. Je suis ce soir hébergé par Logan qui vit avec sa fille et une colocataire qui vient de revenir en ville pour se rapprocher de sa famille. Katty vit chichement, pas de CDI, pas de carrière honorable, elle représente malheureusement l’échec d'un point de vue sociétal moderne. La cinquantaine, célibataire, sans enfants, sans attache, sans patrimoine... Elle est pourtant d'une bonté et d'une gentillesse sans égale et garde la tête haute et un sourire sur son visage, marqué d'une vie pas si simple.

Le lendemain je fais une courte journée pour camper près d'une plage. Je longe la côte sans en avoir profité jusque maintenant. Je découvre les campings à la sauce néo zélandaise: chers, mais avec un maximum de confort, cuisine équipée, salon chauffé.
Il faut dire que les néo zélandais sont assez friands de camping pour leur vacances, mais dans le confort. 

J'atteins rapidement Oamaru dans la matinée du lendemain, puis quitte la route principale pour une route côtière des plus agréables. De belles plages, pas de circulation, les montagnes au loin... un régal. La Nouvelle Zélande semble se dévoiler doucement au fil de mon avancée.

1/4

 

Je m’arrête pour déjeuner près les blocs Moeraki. Ce sont de larges blocs sphériques de boue et de dépôt calciques fossilisés. Enfouis dans le sol sédimentaire, ils se découvrent doucement avec l'érosion de la côte.

J'atteins une magnifique baie, sous le nom de Shag point, sans esprit déplacé, avis à ceux qui ont quelques notions d'anglais. Je reste un moment en pleine contemplation, lorgnant les quelques cottages qui offrent une vue imprenable sur la baie. 

Au soir c'est Diane qui m'accueille. Diane n'est autre que la mère de Meg qui m'a hébergé à Christchurch. Le hic est que Meg ne l'a prévu qu'au matin de mon passage et Diane n'a pu annuler ses activité du soir. Je trouve donc une maison vide, mais à la porte ouverte, avec les instructions pour le repas et les bières dans le frigo. Je fais donc la connaissance de Diane au réveil autours d'un petit déjeuner copieux. L'hospitalité à la sauce Néo Zélandaise. 

Je me mets ensuite en route pour Dunedin. Je poursuis un moment sur l'axe principal sans intérêt avant de trouver une autre route côtière plus agréable. Les abords de Dunedin sont en relief et je dois donc monter haut en altitude par une route qui surplombe la côte et m'offre une vue imprenable sur la péninsule attenante. Une longue et belle descente me ramène près des eaux.

Je traverse la ville et me rends sur la péninsule où m'attendent Kate et Rob. La retraite approchant ils préparent un voyage à vélo en Europe, annulé à l'heure où j'écris ces lignes naturellement. Sorte de hippie bourgeois, ils possèdent un joli cottage en bord de mer et un jardin potager bien fourni. Le cadre est fabuleux, la cuisine est à tomber, parfait pour un jour de break. Je vais donc me promener sur la péninsule assez sauvage, avec ses sentes perdues qui conduisent à quelques lions de mer échoués sur la plage.

Après mes adieux à mes hôtes, je reprends la direction de la ville de Dunedin. Je prends la direction de la gare. Le plan est de prendre un train pour me rendre quelques dizaines de kilomètres plus à l'intérieur des terres. Mais la météo n'étant pas très engageante et n'étant pas particulièrement reposé, je remets mon départ au lendemain.

Le train que je prend date des années soixante. La ligne a été construite lors de la grande ruée vers l'or, il y a plus d'un siècle. Depuis le début des années 90 la ligne a été réhabilitée pour le transport de passagers, des touristes principalement. Tout au long du voyage le conducteur nous informe d'anecdotes ici là, un voyage dans le temps.